L’appel à projets s’adresse aux armateurs, propriétaires de navires, affréteurs, chantiers navals, équipementiers, ports maritimes, exploitants de terminaux ou encore distributeurs de carburants alternatifs. Les projets retenus devront présenter un niveau de maturité technologique élevé (TRL 7 minimum au démarrage).
Les aides concernent trois catégories d’investissements :
- La décarbonation des navires, via le rétrofit de navires existants ou l’acquisition de navires neufs à faibles émissions. Sont notamment éligibles les technologies de propulsion vélique, les systèmes d’efficacité énergétique embarqués ou les motorisations utilisant des énergies décarbonées.
- Les investissements industriels, destinés à renforcer les capacités de production de la filière maritime décarbonée : création ou extension d’usines, nouvelles lignes de fabrication, production d’équipements de propulsion ou de systèmes énergétiques innovants.
- Les infrastructures portuaires, avec le soutien à l’installation d’équipements d’alimentation électrique à quai, de solutions de stockage et de distribution de carburants alternatifs, ou encore d’infrastructures facilitant l’exploitation de navires décarbonés.
Les projets sélectionnés pourront bénéficier d’un soutien financier couvrant une partie des surcoûts liés à ces investissements innovants. L’objectif est de favoriser le passage à l’échelle industrielle des solutions les plus prometteuses et d’accélérer leur déploiement sur le marché.
Cette initiative constitue une opportunité majeure pour le territoire de Nantes Saint-Nazaire, reconnu comme le leader européen du transport à la voile. Le territoire concentre déjà 43 % des emplois français de la filière et accueille des acteurs de référence tels que NEOLINE, Airseas, Wisamo, Farwind ou les Chantiers de l’Atlantique avec leur technologie Solid Sail. Grâce à cet écosystème industriel unique et à des événements structurants comme Wind for Goods, Nantes Saint-Nazaire dispose de solides atouts pour capter une part importante de ces nouveaux investissements et renforcer son leadership dans le transport maritime décarboné.
- En savoir plus sur les aides à l’investissement de l’Ademe pour la décarbonation maritime
En 2024, le montant total des levées de fonds s’est élevé à 133,5 millions d’euros, contre 177 millions en 2023, pour un total de 15 opérations, selon les chiffres publiés par la French Tech Nantes, confirmant l’attrait pour les entreprises à impact sur le territoire de Nantes et Saint-Nazaire, malgré un léger ralentissement conforme à la tendance observée à l’échelle nationale.
Valneva a levé 60 millions d’euros en 2024 pour soutenir ses projets dans les vaccins. Spécialisée dans les vaccins contre les maladies infectieuses, la biotech nantaise continue de se renforcer pour accélérer la recherche et le développement de nouvelles solutions thérapeutiques à l’échelle internationale.
Enerdigit a réussi à lever 40 millions d’euros en 2024, consolidant ainsi sa position sur le marché de l’efficacité énergétique. Cette levée de fonds permet à la startup nantaise de développer une seconde activité, le pilotage de batteries XXL raccordées au réseau électrique pour aider les entreprises à réduire leur consommation d’énergie et leur empreinte carbone, tout en optimisant leurs coûts opérationnels.
Weenat, pionnière dans l’agriculture de précision, a levé 8,5 millions d’euros en 2024. Grâce à cette levée de fonds, la startup nantaise compte poursuivre son expansion internationale, perfectionner sa plateforme de gestion des données agricoles et développer de nouveaux outils pour optimiser les rendements des exploitations agricoles tout en réduisant leur impact environnemental.
D-Ice Engineering a procédé à une levée de fonds de 6 millions d’euros en 2024 pour pouvoir accélérer la commercialisation de ses solutions à fort impact dans le domaine maritime. Le Nantais a développé une gamme complète de systèmes et de logiciels scientifiques de pointe, installés sur des navires. Créée en 2015, D-Ice Engineering est une deeptech composée d’une équipe de trente ingénieurs et docteurs en hydrodynamique, mathématiques appliquées, robotique et intelligence artificielle.
Onafis, startup spécialisée dans le secteur du vin a levé 6 millions d’euros en juillet 2024. Onafis propose des outils connectés qui permettent notamment de surveiller en temps réel toutes les étapes de la vinification. L’objectif affiché est d’accélérer son développement à l’international, et de renforcer ses équipes commerciales et sa R & D avec 40 recrutements dans les quatre prochaines années.
Equium a levé 3 millions d’euros en 2024. Lancée en 2017, Equium conçoit et fabrique des pompes à chaleur utilisant les ondes acoustiques. Son ambition : accélérer la démocratisation du confort thermique décarbonée pour les bâtiments d’aujourd’hui et de demain.
BirdyFish, entreprise spécialisée dans les dériveurs à foil accessibles, basée à Saint-Herblain (près de Nantes), a procédé à une levée de fonds de plus de 2 millions d’euros. Objectif : renforcer sa production, élargir sa gamme et conquérir de nouveaux marchés internationaux.
WaltR a levé 2 millions d’euros en 2024 pour accélérer le développement de sa solution de tracking des émissions des polluants de l’air et des gaz à effet de serre par imagerie. La société créée à Toulouse et installée à Nantes depuis 2022 est spécialisée dans la surveillance des émissions polluantes par imagerie spatiale et sol.
Etteliot a levé 1,4 million d’euros en 2024 pour soutenir son développement. L’entreprise développe des toilettes traitant les urines, et fonctionnant sans eau ni produit chimique pour les véhicules de loisirs (camping-cars, vans). Elle compte accélérer le recrutement de commerciaux, industrialiser son premier produit, et poursuivre ses recherches pour intégrer les matières fécales.
Goud Santé a levé 1 million d’euros en 2024. Créée début 2024 par Vincent Roux, elle a pour objectif de prendre en charge la santé physique et mentale des dirigeants. Cette levée de fonds doit permettre à Goud Santé de renforcer ses équipes, d’améliorer ses infrastructures, de développer des services digitaux et de lancer de nouvelles initiatives pour élargir la prévention santé à toute l’entreprise.
Seelab est une plateforme d’IA générative et a levé 1 million d’euros. Fondée début 2023, l’entreprise de 11 salariés combine des algorithmes de deep learning et techniques de traitement d’images avancées.
Dr Jonquille & Mr. Ail a levé 850 000 euros en 2024 pour développer son application de jardinage gratuite. Avec plus de 36 000 utilisateurs, elle aide les jardiniers amateurs à cultiver durablement. Cet investissement permettra d’ajouter de nouvelles fonctionnalités et de renforcer sa position sur son marché en France et en Europe.
Good Steps a levé 700 000 euros en 2024 pour soutenir le développement de son outil. Good Steps développe un outil pour simplifier l’audit ESG et la conformité CSRD.
Allaw a levé 500 000 euros en 2024 pour continuer à développer sa plateforme de mise en relation entre avocats et clients. L’entreprise souhaite utiliser ces fonds pour améliorer son interface numérique et élargir son réseau de professionnels du droit en France et à l’international.
La Loupe Immo, spécialisée dans les services immobiliers numériques, a également levé 500 000 euros en 2024. Cette levée permet à La Loupe Immo de développer ses outils d’analyse de marché et d’accompagnement à l’achat immobilier pour répondre aux nouveaux enjeux du secteur dans un contexte de digitalisation croissante.
Levées de fonds : les startups à impact trouvent un terreau fertile à Nantes et Saint-NazaireEn 2023, le montant total des levées de fonds s’est élevé à 177 millions d’euros, un montant qui correspond à un retour à la normale, après le record de 636 millions d’euros levés en 2022 en Loire-Atlantique, selon les chiffres consolidés par la Cantine numérique de Nantes.
Parmi toutes ces 32 opérations de levées de fonds, force est de constater que les startups à impact positif trouvent un terreau fertile pour leur développement à Nantes & Saint-Nazaire. En témoignent les quelques 10 levées de fonds d’un montant supérieur à 5 millions d’euros pour des startups à impact, pour certaines dans l’Economie sociale et solidaire.
A commencer par la startup AbolerIS Pharma, spin-off de Nantes Université, fondée en 2019, qui a levé 27,3 millions d’euros de financements pour développer un traitement très prometteur contre la polyarthrite rhumatoïde. AbolerIS Pharma travaille sur une approche thérapeutique innovante pour inhiber la réponse immunitaire chez les patients afin de traiter des maladies inflammatoires, auto-immunes ou dégénératives.
La start-up Beem Energy, qui se positionne comme pionnière dans le domaine de la maîtrise de l’énergie, a réalisé une levée de fonds de 20 M€ en mai dernier, après un premier tour de table de 2 M€ en 2019, année de sa création, puis de 7 M€ en 2021. Objectifs affichés : accélérer la croissance en France, mais aussi son déploiement à l’échelle européenne, notamment en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas où elle est déjà présente ou encore recruter, notamment en R&D, et ainsi doubler ses effectifs qui se composent actuellement de 40 salariés.
Fondée en 2009, Faguo, la marque de prêt-à-porter masculin est passée de 16 à 21 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier et compte porter son réseau de 41 magasins à 60 dans les deux ans. Pour soutenir cet essor, l’entreprise nantaise vient de lever 15 millions d’euros en mars 2023. La levée de fonds doit permettre de muscler la R&D pour intégrer davantage de matières recyclées dans 100 % des pièces, contre 80% actuellement.
Ecov, l’opérateur de mobilité nouvelle génération déploie et opère des lignes de covoiturage dans les territoires périurbains et ruraux. En mai 2023, l’entreprise agréée ESUS a annoncé une levée de fonds de 11,75 M€ auprès de la Banque des territoires (CDC), BNP Paribas, ADEME Investissement et Maif Impact. L’objectif pour cette entreprise à impact est de renforcer ses fonds propres afin de consolider son modèle d’économie de la sobriété. Il lui permettra également d’accélérer la transformation de la mobilité, au service des collectivités locales et de l’Etat pour concrétiser la transition écologique et solidaire hors des centres-villes.
La start-up nantaise Sunology (30 salariés) a réalisé un second tour de table en 2023 qui a permis de réunir 10 M€. Ce montant doit lui permettre d’accompagner sa croissance, de epoursuivre sa dynamique d’innovation, et de massifier ses volumes de vente et se développer « dès cet été » en Europe, à commencer par l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne « simultanément.
Bout’ à Bout’, l’entreprise spécialisée dans la consigne et le réemploi des contenants en verre, ambitionne d’ouvrir « la plus grande usine de lavage de bouteilles de France » à Carquefou près de Nantes. L’entreprise de réemploi de bouteilles en verre a collecté 7,3 millions d’euros de fonds auprès de plusieurs investisseurs privés et public : des industriels de la filière, des distributeurs de boissons, mais également des pouvoirs publics et des citoyens.
Finpact : « Nous sommes un accélérateur du financement des projets qui répondent au défi de la transition »Consulter la liste des levées de fonds 2023
Si le financement est le nerf de la guerre, il l’est aussi pour les entreprises à impact positif. Créé en 2017 à Nantes, le cabinet de conseil Finpact s’est même fait une spécialité du financement de ces entreprises. « Nous accompagnons les entreprises à impact positif dans leur stratégie de financement. Le financement des entreprises à impact reste tout aussi compliqué que pour d’autres projets classiques. Nous montons les dossiers de financement et les aidons dans leur stratégie de déploiement puis dans la recherche de fonds d’investissement dédiés à l’impact, souvent très exigeants dans leurs critères », explique Hugo Ponce, co-fondateur du cabinet de conseil Finpact à Nantes et rayonne entre la Cité des Ducs et la capitale.
« Une approche fondée sur le bon sens »
Appréhender la dimension « à impact positif » d’un projet relève d’une véritable compétence. Celle-ci, acquise au fil des années par l’équipe de Finpact, a appris à Hugo Ponce que le secteur d’activité de l’entreprise n’est généralement pas le premier critère de sélection. Une entreprise du numérique spécialisée dans l’accessibilité aura un faible impact compte tenu de son activité, mais un impact positif très fort dès lors que son activité vise à donner accès au numérique à de nombreux habitants éloignés des services rendus par l’accès à Internet. Cela peut contribuer au suivi ou soutien scolaire par exemple mais aussi à l’accès à la santé pour des seniors ou des personnes isolées.
« Nous essayons avant tout de comprendre la raison d’être de l’entreprise, sa mission. D’ailleurs, les entreprises qui s’adressent à nous, sont souvent déjà des entreprises à mission », détaille Hugo Ponce. Quelques exemples d’entreprises accompagnées par Finpact ? A Nantes, Finpact accompagne, pour sa levée de fonds, l’entreprise Tri’n’Collect basée à St-Herblain, qui s’attaque à la revalorisation des déchets de chantiers. « La plupart du temps, ces déchets sont traités dans des bennes en mélange et cela empêche toute revalorisation. Tri’n’Collect déploie des solutions de tri à la source. Ici, on est dans du low tech. Et comme souvent, dans l’économie circulaire, c’est une approche fondée sur le bon sens plus que sur la science. Ils ont mis en place un dispositif d’accompagnement et de formation. Et ont créé un nouveau corps de chantier qui va permettre d’augmenter de 60% la valorisation des déchets ».
En 2021, Xenothera, biotech nantaise, a levé 20 millions d’euros pour accompagner l’essor de son médicament anti-Covid, ainsi que pour accélérer le développement d’autres traitements contre les bactéries multi-résistantes et la cancérologie. Finpact a accompagné la structuration de cette levée de fonds.
Des projets sélectionnés sur leur performance environnementale et sociétale
Biotechnologies, économie circulaire, accessibilité numérique, cleantech, transition énergétique, mais aussi décarbonation du transport (transport à la voile notamment) … Les secteurs sont multiples et la petite équipe de Finpact ne peut pas être partout. Elle se doit d’être sélective. « Nous ne sommes que 5 personnes, toutes dotées d’une double compétence entrepreneuriale et d’une bonne connaissance de ce qu’est l’impact. Nous considérons la performance environnementale et sociétale d’un projet à l’échelle locale et sommes attentifs à son potentiel de développement à grande échelle. Quel sera son impact à horizon 2030 ?».
Des levées de fonds entre 2 et 20 millions d’euros
Au-delà de la mission, encore faut-il être en mesure de modéliser la performance de cet impact. L’entreprise a-t-elle déjà fait une preuve de concept (POC) ? A-t-elle trouvé ses premiers clients ? En quoi va-t-elle permettre de rendre notre environnement et notre société plus soutenables ? Par le biais de créations d’emplois directs et qualifiés par exemple. Et que dire des impacts évités dans le cadre d’un projet dans les mobilités douces qui permettra d’éviter des tonnes d’émissions carbone par exemple ?
Autant d’éléments que Finpact s’efforce de prendre en compte dans son analyse. « Nous intervenons peu en amorçage. Notre cœur de métier est la série A, quand l’entreprise a pu montrer que son produit fonctionne, qu’elle a des clients et peut passer à l’échelle. Nous montons des opérations de levée de fonds propres entre 2 et 20 millions d’euros. Enfin, « il faut que la gouvernance soit prête à accueillir un partenaire financier qui va le challenger sur l’ambition du projet. Nous sensibilisons les porteurs de projets aux conséquences de telles opérations sur le pilotage de l’entreprise et l’importance de partager les décisions stratégiques avec les investisseurs.
« Je crois beaucoup dans l’économie régénérative »
En tant que fin observateur de l’évolution du territoire, Hugo Ponce y voit une combinaison gagnante. « Le territoire de Nantes & Saint-Nazaire est un territoire en conscience en raison des enjeux liés à l’agriculture et au maritime depuis plusieurs années. Nous avons la chance d’avoir ici un écosystème fortement engagé (entrepreneurs, accélérateurs, partenariats publics-privés, financeurs) et un haut niveau de l’enseignement supérieur recherche. Mais aussi des acteurs comme Atlanpole qui vient faire le pont entre la science et son application en termes d’impact. Tous les ingrédients sont réunis pour se mettre en branle et relever les défis liés à ces enjeux ».
Des initiatives doivent encore être lancées et soutenues au niveau local pour aller plus loin. « Je crois beaucoup dans l’économie régénérative et ce qu’elle peut apporter au territoire. J’espère aussi que la réglementation va évoluer pour enfin taxer les externalités négatives du développement. Et ainsi permettre de solidifier les modèles économiques des projets à impact positif. »
Des levées de fonds record pour les startups à impact en Loire-AtlantiqueEn savoir + : finpact.fr
Les levées de fonds sont généralement synonymes de développement pour les startups. En 2022, un nouveau record a été atteint avec 636 millions d’euros levés en Loire-Atlantique, après quelque 200 millions en 2021, d’après les chiffres consolidés par la Cantine numérique de Nantes.
Parmi toutes ces levées de fonds, force est de constater que le développement des startups à impact positif sur le territoire de Nantes & Saint-Nazaire. En témoignent les levées de fonds suivantes d’un montant supérieur à 5 millions d’euros :
Lhyfe : comme en 2021, le producteur nantais d’hydrogène vert a pulvérisé tous les records avec deux nouvelles levées de fonds de 17 millions € en février, suivie de 118,3 millions € lors de son entrée en bourse sur Euronext en novembre. Il s’agit d’une nouvelle étape pour la startup qui avait déjà recueilli 82 millions € sur les deux dernières années. Des financements destinés à venir notamment soutenir le développement d’une soixantaine de projets à travers la France et l’Europe.
Valneva : l’entreprise nantaise de biotechnologies a bouclé un tour de table de plus de 100 millions d’euros pour financer le codéveloppement de son vaccin contre la maladie de Lyme, contre celui du chikungunya et le développement de deux autres vaccins.
Fairmat : la deepTech Fairmat, spécialisée dans le recyclage des composites de fibres de carbone, a levé 34 millions d’euros en novembre 2022. La startup parisienne s’est installée à Nantes (Bouguenais) en 2022. Sa technologie vise à recycler des chutes de production des composites. Cette matière provient du démantèlement des pièces d’avions, de vélos ou d’éoliennes. Cette levée de fonds doit lui permettre d’accélérer le déploiement de ses activités à l’international, et de faire grandir son équipe de 80 à 400 personnes d’ici à 2025.
Imagination machine : le studio nantais de création de startups fondé par Rob Spiro a levé 10 millions € en octobre. Objectif : lancer sa 2e promotion de startups à impact socio-environnemental. Imagination Machine a déjà lancé 8 startups à impact depuis sa création en 2017 qui comptent au total 150 collaborateurs.
Healshape : fondée à Lyon, la medtech a levé 6 milions € en juin qui ont permis son implantation à Nantes. Healshape propose une solution inédite de bioprothèse mammaire qui permet une régénération des tissus de la patiente.
Lisaqua a levé 4,9 millions € en mars pour ouvrir la première ferme de gambas en France, à Saint-Herblain, près de Nantes. L’entreprise a développé une technologie pour l’élevage de gambas à faible impact environnemental sans antibiotiques et sans rejet.
« Nantes a réalisé, et de très loin, sa meilleure année sur les levées de fonds depuis que nous l’observons. Le montant total des levées de fonds de 636M€ a triplé par rapport à 2021, qui était déjà une année record, pour un nombre stable d’opérations à environ 35 par an. Quatre acteurs ont atteint des montants quasiment jamais vu sur le territoire : Lhyfe, Akeneo, Propriétés-privées et Valneva » , explique Adrien Pogetti, directeur de la Cantine numérique. « L’année 2023 s’annonce plus nuancée : les conditions d’accès au financement sont plus difficiles depuis quelques mois, rendant les opérations moins nombreuses, à Nantes comme au niveau national ou Européen. C’est d’autant plus de mérite pour nos entrepreneurs que d’avoir su tirer leur épingle du jeu dans ce contexte compliqué.»
La NEF : « Nos encours de prêts éthiques et verts ont triplé en trois ans »Liste des levées de fonds 2022 – Source : La Cantine Numérique
La Nef se présente comme la 1ère banque éthique. Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous différencie des autres banques ?
La NEF compte 110 personnes réparties dans 15 bureaux en France, composés de 2-3 banquiers itinérants et de 5 responsables grands comptes au total qui accompagnent des entreprises qui font un chiffre d’affaires supérieur à 5 millions d’euros, des associations et des bailleurs sociaux. Le siège social de La NEF est situé en périphérie lyonnaise. L’éthique est le 1er critère d’éligibilité pour obtenir un financement de la part de la NEF. Et chaque projet est passé au crible selon trois critères : son utilité sociale, écologique ou culturelle.
Comment procédez-vous pour mesurer le caractère éthique d’un projet ? A quoi mesure-t-on l’impact d’un projet pour son territoire ?
C’est avant tout une question de ressenti. Nous allons à la rencontre des projets sur place. C’est lors de la prise de contact, que nous savons apprécier l’engagement de la structure. Le premier critère que nous regardons concerne le secteur d’activité. Nous finançons des projets dans les énergies renouvelables, l’économie circulaire, la mobilité durable, la logistique verte (de plus en plus), l’éco-construction, les filières bio, et pour l’impact social, le logement social, l’inclusion, le handicap, la dépendance (silver-économie), la protection de l’enfance, les collectivités locales, ainsi que l’innovation si tant est qu’elle soit à impact. Puis viennent les critères autour de la gouvernance : Quel est son partage des richesses ? Quelle est sa gouvernance ? Qui sont ses fournisseurs ? Qui sont ses clients ? Quel est son niveau d’impact territorial en termes d’emplois, de production … ? Nous refusons d’ailleurs plus d’un projet sur deux qui fait appel à nous, la plupart du temps parce que le projet ne tient pas la route. Nous regardons ensuite les comptes de la structure, sa gouvernance et les valeurs des personnes qui la composent. En revanche, le label n’est pas un critère décisif. Un client qui travaillerait dans le bio-béton, et aurait donc l’envie d’améliorer son process de production, pourrait faire l’objet d’un financement.
Quel type de financements accordez-vous aux entreprises ?
Nous proposons du financement court, moyen ou long terme (prêts à l’investissement ou à la trésorerie) ainsi qu’un compte courant. Et pour celles qui le peuvent, nous proposons des placements de trésorerie sur un compte à terme. A la différence des autres banques, nous ne sommes pas présents sur les marchés financiers et donc pas exposés à la spéculation boursière. La Nef est en quelque sorte le circuit court de la finance, et fait fonctionner les projets grâce à de l’argent français, épargné et utilisé pour financer des projets français.

Pourquoi une entreprise s’adresse-t-elle à LA NEF plutôt qu’à une autre banque ?
Les entreprises qui viennent nous voir ont une activité à fort impact écologique, social et culturel et sont sensibles à la provenance de l’argent dont elles vont avoir besoin. Par rapport à une autre banque, nous leur offrons une cohérence. Nous pouvons leur garantir que La NEF n’a pas d’argent dans les paradis fiscaux, affiche la mesure carbone la plus basse de tout le marché bancaire français, et c’est la seule qui finance la transition énergétique de manière exclusive. Depuis 3 ans, nous observons une lame de fond vers cette recherche de cohérence éthique. Et cerise sur le gâteau, nous avons le souci d’expliquer les raisons pour lesquelles nous refusons un projet.
Etes-vous plus cher qu’une autre banque ?
Pas du tout. Si nous étions plus cher, nous ne pourrions pas fonctionner !
D’où vient l’argent que vous prêtez aux entreprises ?
L’argent provient à 80% des particuliers, et 20% des personnes morales (entreprises, syndicats, comités d’entreprise…). Nous comptons 80.000 clients et sociétaires en France. Le Covid a généré une prise de conscience et a produit une amplification sur les crédits et les encours de prêts, de l’ordre de 80 millions d’euros en 2019 et sont passés à 240 millions d’euros de financements en 2022. Plus de clients et plus de financement pour des montants importants. Nous observons un intérêt croissant des particuliers pour les projets financés par la NEF. Nous avons récemment lancé la campagne Big Banque, une levée de fonds pour faire venir des épargnants dans la coopérative. En deux mois, nous avons déjà collecté 5 millions d’euros auprès des particuliers et 12 millions si on ajoute les institutionnels. Le but étant de lever 30 millions d’euros à trois ans afin de consolider nos fonds propres et continuer à répondre aux demandes de financement. L’autre objectif étant de pouvoir nous séparer du Crédit coopératif qui est notre parrain, et sert d’organisme d’adossement à la NEF. Nous avons pour objectif de prendre notre indépendance à terme.

Pouvez-vous nous donner des exemples de projets que vous avez financés au cours des 2 dernières années sur le territoire ?
En 2022, nous avons accompagné Toovalu (300.000 €) qui développe un logiciel de mesure de l’impact sur le territoire. En 2022 et 2021, nous avions accordé un prêt à la coopérative de transport adapté Titi Floris pour un montant de 1 million d’euros. De même que pour des marques de la mode durable, comme Ankore (30.000 €) et Second Sew (30.000 €) ou cette solution IT pour le réemploi des matériaux Reverse Systems (190.000 €). Environ 70% des financements vont aux projets écologiques, 25% aux projets sociétaux et 5% aux projets à impact culturel. Nous finançons Cowatt (photovoltaïque) et Enercoop à l’échelle nationale. Ou encore i-sep dans le domaine de la santé. Les collectivités sont aussi de plus en demande d’un financement vert et éthique et représente un tiers de l’activité de la NEF. C’est le cas notamment de la Ville de Nantes et Nantes métropole, en particulier pour financer la transition énergétique. La NEF s’intéresse aussi de plus en plus au financement de l’innovation à impact positif et de rupture.
Comment voyez-vous le territoire évoluer en termes d’impact ?
Le territoire dispose d’une longueur d’avance historique sur 3 champs que sont l’impact, la tech et le transport à la voile. Ces trois sous-secteurs font pousser Nantes et Saint-Nazaire dans le bon sens et font que ce territoire dispose d’un terreau plus fertile qu’ailleurs en termes de modernité et d’impact à la fois.
En savoir + : lanef.com