Nantes Saint-Nazaire Développement élargit sa gouvernance

C’est un cap historique qui vient d’être franchi pour la gouvernance économique territoriale. Lors de son assemblée générale qui s’est tenue le 14 juin, l’agence de développement économique de Nantes et Saint-Nazaire a élargi sa gouvernance économique à 10 nouveaux membres, représentant de la sphère économique et de l’Enseignement supérieur recherche du territoire : Nantes Université, le CHU de Nantes, le Grand Port, le Pôle EMC2, le réseau des Dirigeants Responsables de Nantes-Atlantique, La FrenchTech Nantes, La FrenchTech Saint-Nazaire La Baule Pornic, Neopolia, les Ecossolies et Meet 2050

Ce partage de la stratégie de l’agence doit permettre une plus grande porosité entre les filières économiques et le partage des enjeux dans l’objectif de mener ensemble les actions qui contribuent à une économie pérenne et responsable sur le territoire.

« Etre à la hauteur des transformations économiques, sociales et environnementales »

« En faisant le choix du collectif et en suscitant les regards croisés, l’agence continue son évolution afin d’être à la hauteur des transformations économiques, sociales et environnementales de notre temps », se félicite Johanna Rolland, maire de Nantes, présidente de Nantes Métropole et présidente de l’agence Nantes Saint-Nazaire Développement.

« Ici, nous savons que l’industrie est le levier de la transition écologique, car elle seule permet de passer à l’échelle. Nous nous mobilisons donc, avec un grand nombre de partenaires, pour réussir le défi de la décarbonation, inventer des modèles industriels nativement décarbonés et permettre que les solutions industrielles de demain continuent de s’inventer sur notre territoire », ajoute pour sa part David Samzun, président de Saint-Nazaire Agglomération. 

Partager les priorités communes du territoire

Cette intégration de nouveaux acteurs doit permettre d’ajuster l’offre de services de l’agence en fonction des partenaires présents, mais aussi de positionner l’agence comme le lieu d’échange et de partage des enjeux et des priorités communes du territoire.

Première agence de développement économique à mission de France, Nantes Saint-Nazaire développement avait au préalable annoncé la nomination d’un comité de mission composé de 7 personnalités du territoire en janvier 2024. En parallèle de la gouvernance, celui-ci est chargé de challenger la feuille de route de l’agence et de s’assurer de l’adéquation des actions engagées avec les objectifs sociaux, environnementaux et territoriaux.  

Coopérer pour mieux décarboner : à Saint-Nazaire, industriels, startups et acteurs publics sur le pont !

Organisé par Nantes Saint-Nazaire Développement, Saint-Nazaire Agglomération et Atlanpole, l’événement a exploré les enjeux des collaborations entre tech & industrie et des synergies public-privé au service de la décarbonation. Après une matinée centrée sur les usages industriels de l’IA, c’est par une conférence inspirante, proposée par le Blue Lab de Saint-Nazaire (dans le cadre du projet Atlic Innoblue) que l’après-midi a débuté. 

Difficile en effet de ne pas se laisser embarquer par le souffle du projet Zephir, porté par Marc Amerigo. Adepte de challenges et de projets complexes, l’ingénieur entrepreneur a accompagné plusieurs sportifs à battre des records dans des milieux extrêmes. Aujourd’hui, c’est aux côtés du champion du monde de windsurf Antoine Albeau qu’il cherche à « percer les secrets de la glisse absolue ». Basé sur le biomimétisme pour reproduire la puissance de glisse dans l’eau et dans l’air des poissons et des oiseaux, le projet fait de la planche à voile du champion un véritable laboratoire expérimental. Soutenu par 70 entreprises, Zephir conjugue intelligence collective et technologies de pointe : simulateur de vol et de navigation, big data, IA, calcul 3D, mesure embarquée, tests en soufflerie, réalité augmentée, motion capture, etc. L’objectif : concilier haute vitesse, stabilité, sécurité et efficacité énergétique. « Notre ambition n’est pas seulement d’établir de nouveaux records de vitesse à la voile, mais aussi contribuer, par ces innovations, à un univers décarboné », revendique Marc Amerigo. « Ces innovations sont transposables à tout ce qui glisse dans l’eau ou dans l’air et sont susceptibles d’intéresser d’autres sports nautiques, mais aussi des projets industriels »


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Collaborer pour innover et décarboner : une recette unanimement adoptée

Des technologies au service de la performance et de l’écoresponsabilité, un projet dopé par les collaborations… le projet Zephir fait écho aux solutions de la startup nantaise D-Ice Engineering. Sa technologie de modélisation et de simulation des opérations maritimes permet de sécuriser la navigation, mais également de réduire la consommation des navires et les émissions de gaz à effets de serres associées. Des technologies de rupture qui intègrent hydrodynamique, mathématiques appliquées, robotique et intelligence artificielle. La deeptech a ainsi « créé le cerveau » du Canopée, le cargo à propulsion hybride vélique et thermique dédié au transport des éléments d’Ariane 6. « Notre objectif est d’accélérer la transition énergétique », confie Sofien Kerkeni, son dirigeant. «Les défis qui s’imposent à nous du fait du changement climatique et de la transition énergétique rendent la collaboration de plus en plus indispensable ». Cela se traduit en interne par la coopération entre plusieurs métiers, mais aussi par « la collaboration avec de grandes entreprises, des pôles de compétitivité, des laboratoires internationaux ». Et pour Sofien Kerkeni, « c’est une chance d’être ancré à Nantes, sur un territoire qui porte ces valeurs. » 

Un constat partagé par Sébastien Leroy : « Saint-Nazaire et Nantes ont su se renouveler du point de vue industriel, de nombreuses pépites émergent, on sent une énergie palpable. » Le directeur open innovation du groupe Daher se félicite des collaborations fluides sur le territoire. Partenaire de l’IRT Jules Verne, l’équipementier et constructeur aéronautique, prestataire de services industriels, travaille de longue date avec les clusters et pôles de compétitivité. « Les innovations vont aujourd’hui beaucoup plus vite qu’avant. Si on n’avance pas dans une collaboration effective avec les différents acteurs, on se retrouve vite limité par ses propres moyens et dans sa capacité à mener des projets. »

Pour François Jan, directeur du PASCA (« Pôle d’expertises et réseau professionnel supply chain »), collaborer s’impose aussi comme « une évidence dans un domaine aussi transversal que la logistique ». « Il est nécessaire de collaborer à la fois en interne de la chaine, mais aussi avec d’autres acteurs tels que laboratoires de recherche, pôles de compétitivité et startups du territoire, porteurs de technologies et d’innovations. Des coopérations d’autant plus stratégiques que le transport est à l’origine de 31 % des émissions de gaz à effet de serre. » Au vu de ces enjeux, évoluer sur un territoire riche d’un « écosystème extrêmement dynamique et où les collectivités jouent un rôle moteur » constitue un atout certain. 

Décarbonation et collaboration vont également de pair pour Lhyfe, né de « la rencontre entre le domaine de l’électrolyse de l’eau et celui de l’énergie renouvelable », comme le souligne Ghislain Robert, directeur commercial France. Leader et pionnier de l’hydrogène vert renouvelable, l’entreprise implantée à Nantes a remporté l’appel à manifestation d’intérêt lancé par Nantes Saint-Nazaire Port pour développer un site de production d’hydrogène vert. Objectif : « produire plus de 80 tonnes d’hydrogène par jour pour décarboner l’écosystème portuaire ». Ghislain Robert salue « les grandes ambitions du territoire de Saint-Nazaire dans l’hydrogène ».


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Des acteurs publics et privés engagés

Les acteurs du territoire s’impliquent en effet aux côtés de ces entreprises innovantes et engagées pour faciliter et accélérer les transitions. Initiateur de l’appel à projets ZIBaC (Zone industrielle bas carbone), l’ADEME Pays de la Loire accompagne les entreprises déjà matures sur le long terme dans leur démarche de décarbonation, et incite les autres à se lancer, notamment en rejoignant des actions collectives telles que ACT (Accelerate Climate Transition). « Notre ambition est de massifier et accélérer la transition écologique des entreprises », commente Charline Arrivé, référente du programme Territoires d’industrie. 

L’Association de Décarbonation Loire Estuaire (Adele) illustre parfaitement la dynamique publique privée à l’œuvre sur le territoire. Elle regroupe en effet les collectivités locales, Nantes Saint-Nazaire Port et un pool d’industriels parmi les plus gros émetteurs de CO² du territoire, regroupés au sein de l’association AILE (Association des Industriels Loire Estuaire). Son rôle ? Organiser le pilotage opérationnel du programme Loire Estuaire Décarbonation (nom attribué au programme ZIBaC), notamment en lien avec l’ADEME. Son secrétaire général Martin Devyver en rappelle l’ambition : « passer d’un hub d’énergies carbonées à un hub d’énergies décarbonées, au service de la décarbonation du territoire et au-delà. » Une transformation « forcément collaborative », qui comporte un important volet sociétal, eu égard aux 30 000 emplois liés au Grand Port.

« L’économie mondiale est en grande partie liée au secteur maritime, ce qui rend sa décarbonation d’autant plus indispensable », appuie Frédéric Ravilly, délégué régional du Pôle Mer Bretagne Atlantique. « L’énergie du vent représente un potentiel énorme pour atteindre cet objectif, notamment pour le transport au long cours, mais aussi pour le cabotage ou les navires de transfert d’équipage sur les parcs éoliens ». Le Pôle Mer Bretagne Atlantique facilite le développement de projets autour de l’économie bleue par de la mise en réseau, l’identification de partenaires ou encore la recherche de financement.

« En tant que territoire, il est de notre rôle d’accompagner ces acteurs engagés dans la transition, en répondant à leurs besoins essentiels, tels que des surfaces foncières ou l’accès à des compétences », estime pour sa part Lorraine Bertrand, responsable du service Entreprises, Innovation et Enseignement supérieur de Saint-Nazaire agglomération. « Nous devons également veiller à ce que cette transformation entraine tout un tissu de sous-traitants, de PME et d’entreprises de services. »


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Anticiper les compétences pour accélérer les besoins en transitions

Comment accompagner la transition sur le volet des compétences ? Pour répondre aux besoins de ces nouveaux enjeux, encore faut-il savoir précisément « de quels métiers et compétences on parle, et connaitre les volumes pour pouvoir se projeter ». Chargée de mission Emploi, Transition et métiers de demain au sein du service emploi de Saint-Nazaire agglomération, Gaëlle Bottin pilote une étude sur l’évolution des métiers et des compétences liées à la transition énergétique. « Il s’agit avant tout de poser un diagnostic pour connaitre l’impact des transitions sur les métiers. Certains seront peut-être amenés à disparaitre, d’autres vont émerger, il convient d’anticiper les conséquences sur les compétences des salariés d’aujourd’hui et de demain. C’est l’ensemble du territoire qui se met en marche pour passer ces caps importants. »

Au sein de la French Tech Saint-Nazaire La Baule Pornic, la « commission Talents » prend le sujet des compétences à bras le corps, comme l’explique Pierre Minier, son président. L’association de dirigeants dans le numérique a ainsi cartographié l’ensemble des formations disponibles sur le territoire dès la seconde jusqu’à bac+8, afin d’identifier les manques et d’adapter les formations. La French Tech contribue par ailleurs à d’autres études, comme celle lancée par Patrick Pirrat, expert industriel, ex-responsable R&D aux Chantiers de l’Atlantique, afin d’évaluer les besoins en numérique.

En croissance de 20 % par an, les compétences sont un véritable enjeu pour Duqueine Atlantique et Mexico. Historiquement dédié à l’aéronautique, le concepteur et fabricant de pièces et sous-ensembles en matériaux composites hautes performances opère désormais aussi dans le nautisme. « Les compétences propres à l’aéronautique ne sont pas toutes transposables au monde maritime » témoigne son directeur Nicolas Henry, qui constate également la concurrence, en termes d’attractivité, des gros donneurs d’ordre sur des compétences de pointe. Parmi les leviers, « ouvrir les portes des entreprises aux jeunes et se rendre dans les écoles ».

Un rapprochement écoles/industrie que Sandrine Pincemin, directrice de l’école d’ingénieurs EPF à Saint-Nazaire, appelle de ses vœux. « L’attractivité des jeunes, et notamment des jeunes filles, pour ces métiers est devenue un sujet de préoccupation majeure ».

Dans ce contexte, le sens proposé par l’entreprise — Lhyfe et son objectif ambitieux de décarboner un milliard de tonnes de CO2 par an, soit 3 % de la production mondiale ; Duqueine qui fabrique le nouvel Imoca d’Armel Tripon en matériaux réemployés — s’impose pour susciter des vocations. Une filière industrielle high tech et décarbonée, qui attire les talents, une réalité en marche pour Saint-Nazaire !


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Coopérations avec les écoles : une belle opportunité pour les étudiants de représenter leur territoire

Une première collaboration réussie en graphisme avec l’école Brassart 

« Le premier intérêt d’une collaboration écoles-entreprises est pour les étudiants d’expérimenter à une « commandite », c’est-à-dire d’être confrontés à un vrai brief », explique Christophe Bultel, directeur de l’Ecole Brassart, établissement d’arts appliqués à Nantes. C’est à la suite d’une sollicitation de cette école que l’agence Nantes Saint-Nazaire Développement propose de réaliser un film d’animation de 30 secondes en 3D pour présenter Wind for Goods, événement du transport maritime à la voile. Un groupe de 7 étudiants en 4e année en section animation 3D VFX- Game art et jeux vidéo se prend au jeu et rencontre l’équipe communication de l’agence pour prendre le brief « avec deux contraintes », se souvient le directeur. « La première était de représenter en 3D une armada de bateaux du transport maritime à la voile en ne reproduisant aucun des bateaux qui sont encore à l’état de prototypes et le second était de reconnaître Saint-Nazaire ». En retour, deux pistes ont été explorées par les étudiants que l’agence Nantes Saint-Nazaire Développement a décidé d’exploiter sur son événement. En échange, les étudiants ont pu visiter le salon Wind for Goods et voir de près les prototypes des transports maritimes du futur.

Fort de cette réussite partagée, les étudiants de 2e année en Arts Graphiques et Illustration de l’école Brassart se sont vu à leur tour confier une nouvelle mission, cette fois-ci pour le Bureau des Congrès de Nantes et Saint-Nazaire. L’enjeu consiste à imaginer des illustrations pour mettre en lumière deux problématiques que sont l’inclusion et la lutte contre le gaspillage alimentaire dans le cadre du tourisme d’affaires. « La facilité avec laquelle les étudiants se sont appropriés ces thématiques dont ils sont si familiers nous a beaucoup surpris. Ces sujets les enthousiasment totalement et ils n’ont pas eu de mal à trouver des pistes créatives très vite », souligne Christophe Bultel, pour qui les étudiants sont d’autant plus enthousiastes que le message est sincère.

Un point fort de la coopération entre entreprises et écoles consiste à présenter des mises en situation réelle. « Nous aimons beaucoup les faire travailler sur des cas d’école, c’est toujours plus constructif d’être confrontés à une vraie demande d’entreprise. Cela permet de challenger nos étudiants qui pourront ensuite valoriser cette production dans leur portfolio, show-reel à la sortie de l’école, de pouvoir parler d’une création qui aura vraiment été utilisée par l’entreprise partenaire ». A condition toutefois que le partenaire pédagogique s’engage à fournir un regard bienveillant et constructif sur le travail réalisé par les étudiants qui n’a souvent pas vocation à être exploité tel quel.

« Une belle opportunité pour les étudiants de l’ESPI de représenter leur territoire sur le SIMI »

Autre exemple de coopération, la participation d’étudiants de Bachelor de l’Ecole Supérieure des professions immobilières (ESPI) de Nantes au salon de l’immobilier d’entreprise à Paris (SIMI) en novembre 2023. « Notre volonté est de faire en sorte que l’école et l’entreprise se côtoient en permanence et de manière naturelle », explique Valérie Caillard, directrice de l’ESPI Nantes et membre du Bureau du Club immobilier Nantes Atlantique (CINA). « L’immobilier, c’est un monde de réseaux. Il est donc important que nos étudiants rencontrent très tôt les acteurs de leur territoire ; cette participation sur le stand de l’agence Nantes Saint-Nazaire Développement est également un moyen de faire rayonner leur territoire à l’échelle nationale ».

Accueil-café (photo ci-dessous), visite du salon et des stands des autres métropoles, suivi des conférences… Une belle occasion pour les étudiants de découvrir le salon, d’aller à la rencontre des acteurs de l’immobilier et d’apprendre à se présenter à des professionnels en quelques minutes. « La démarche s’est révélée extrêmement positive pour les étudiants qui ont souvent été surpris du bon accueil qui leur était fait et qui leur a donné confiance en eux. Pour nos étudiants, c’est un vrai privilège d’aller sur un salon national, réservés à des professionnels, alors qu’ils ne sont encore qu’apprentis », se réjouit la professeure qui souligne cette « initiative nantaise » qui a été remarquée sur le SIMI. 

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La logistique, un savoir-faire mis en pratique par les étudiants de l’IUT de Saint-Nazaire, lors des salons professionnels 

A Saint-Nazaire, côté logistique, on s’y connaît plutôt bien. Cela fait déjà plusieurs années qu’Hélène Challier pousse ses étudiants en logistique à l’IUT de Saint-Nazaire sur de nombreux événements professionnels. « Déjà en 2018, nos étudiants avaient participé à toute l’organisation des Jeux Mondiaux du sport d’entreprise », se souvient la professeure. Installations des stands, accueil, rangement, mobilité des participants, 25 étudiants s’étaient mobilisés pour gérer toute la logistique. Certains étudiants ont déjà eu la chance de partir au salon de l’aéronautique du Bourget pour installer les stands des sous-traitants d’Airbus. Un de leurs derniers projets est l’organisation de la logistique dans la distribution de paniers de légumes en circuits-courts en lien avec le Conseil général de Loire-Atlantique. « Plus nous sommes en amont du processus, et plus c’est intéressant pour eux. Cela leur permet de réfléchir à toutes les étapes du processus à mettre en place », souligne-t-elle. Sur le salon Wind for Goods, les étudiants de l’IUT de Saint-Nazaire (photo ci-dessous) ont à nouveau prêté main forte pour l’installation des stands des entreprises du transport maritime à la voile. « Quand on leur fait confiance, les étudiants se montrent à la hauteur des attentes », se félicite Hélène Challier, non sans une certaine fierté.


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À Nantes et Saint-Nazaire, la coopération accélère les transitions

La co-fondatrice d’une biscuiterie engagée, un enseignant-chercheur en santé, la DRH d’une mutuelle en forte croissance, un armateur nouvelle génération… C’est d’un même esprit de coopération au service de l’entrepreneuriat que ces personnalités ont témoigné, lors de la soirée organisée du 15 avril par l’agence Nantes Saint-Nazaire Développement qui a rassemblé plus de 200 personnes, réunies au Solilab, haut lieu de l’économie sociale et solidaire qui fête cette année ses 10 ans.

Professeur de biologie cellulaire, Pierre-Antoine Gourraud aime à rappeler que « dans le vivant, le tout donne du sens aux parties ». Il raconte comment, en 2016, le CHU de Nantes lançait le premier service dédié à la réutilisation des données de santé produites par l’établissement. « Leur mise à disposition, réalisée dans le respect de la vie privée, a permis d’envisager différemment notre façon de travailler et de penser le soin de demain. » Cette initiative collaborative, partagée avec les hôpitaux du Grand Ouest, ouvre la voie à de nouveaux projets, notamment dans la lutte contre le cancer. 

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Une collaboration entre startups et recherche au service des plus fragiles

Véritable « force de l’Ouest », ce jeu collectif s’illustre également dans le projet MakAir. L’enseignant-chercheur se souvient comment, lors de la pandémie Covid en 2020, des startuppers et entrepreneurs nantais sont venus solliciter le CHU pour fabriquer des respirateurs artificiels. « Nous sommes les seuls au monde à avoir livré, trois mois plus tard, une machine conçue en quelques jours seulement par des non experts. » L’esprit d’ouverture et d’entraide à l’origine de cette prouesse a par ailleurs permis de transformer l’essai. « Aujourd’hui, les machines continuent à se vendre partout dans le monde à des fins pédagogiques pour l’apprentissage de la technologie médicale ».

Ces échanges ont permis de démultiplier notre force de conviction« , Jean Zanuttini, Neoline

Pour Jean Zanuttini, la coopération résonne de multiples façons. Ancien officier de marine marchande, il est aujourd’hui à la barre de la société Neoline, qui livrera en 2025 son premier cargo roulier à propulsion vélique. « Issu de la coopération entre l’univers de la marine marchande et celui de la course au large, ce projet est un parfait exemple d’intelligence collective. Autour de la petite équipe de Neoline, de nombreuses entreprises et plus d’une centaine de personnes se sont mobilisées dès le départ autour d’un projet qui ne verrait peut-être jamais le jour. »  

Jean Zanuttini salue également la coopération entre plusieurs projets semblables, au sein de l’association Wind Ship. « Ces échanges ont permis de démultiplier notre force de conviction, notamment auprès des acteurs financiers. Sans nos petits camarades, nous n’aurions pas pu lancer le projet ». Si la coopération a parfois connu des échecs, elle a toutefois permis « d’arriver là où on est, à quelques mois du lancement du navire-pilote ». Et l’aventure ne fait que commencer.

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On savait dès le départ que seules, on n’irait pas très loin« , Katia Tardy, Handi Gaspi

« On savait dès le départ que seules, on n’irait pas très loin », témoigne en écho Katia Tardy, l’une des trois co-fondatrices de la biscuiterie Handi-Gaspi. Son modèle : fabriquer des biscuits par des personnes en situation de handicap à partir d’invendus de pain. « Notre projet est d’emblée basé sur la coopération, il repose en effet sur de nombreux partenaires : des boulangeries, bien sûr, des ESAT pour accueillir nos ateliers », mais aussi d’autres acteurs dans le domaine de l’emploi ou l’entrepreneuriat. Installée depuis deux ans à Savenay, la biscuiterie engagée s’apprête à essaimer dans d’autres régions de France. « On a prouvé qu’on pouvait allier impact positif et réalité économique. » Et les perspectives ne manquent pas : de plus en plus d’industriels se manifestent pour valoriser des co-produits de leur chaîne de production. 

Cette collaboration a largement facilité notre implantation et nos recrutements« , Sabine Mayart, Génération

Le haut niveau de coopération à l’œuvre sur le territoire, c’est aussi ce qui a marqué Sabine Mayart, directrice des ressources humaines de Génération. Créée dans le Finistère en 1996, la société spécialisée dans l’assurance santé et la prévoyance a ouvert un second site à Saint-Nazaire en octobre dernier. « Quand nous avons rencontré les acteurs nazairiens, j’ai été saisie par leur dynamisme et leur mobilisation collective. Trois mois après cette première rencontre, nous emménagions dans des locaux et accueillions notre première équipe. Cette collaboration à l’échelle du territoire a largement facilité notre implantation et nos recrutements. À nous désormais d’entretenir cet esprit d’ouverture, qu’on peut avoir tendance à laisser de côté lorsqu’on avance vite quand on est une entreprise en forte croissance comme la nôtre. Ce serait perdre la richesse et la valeur ajoutée qu’engendrent les coopérations !»

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 » Un héritage mutualiste  » à Nantes & Saint-Nazaire  

Alliée majeure dans la transition des entreprises, la coopération nourrit les ambitions d’un territoire solidaire et engagé. « On est tellement habitué au Jeu à la nantaise qu’on peut penser qu’il s’agit d’une formule convenue », observe Johanna Rolland (photo ci-dessus). Or, pour la maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, « la capacité collaborative de notre territoire, héritée de notre histoire mutualiste, syndicaliste et humaniste, est unique. » Le président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Loire-Atlantique estime pour sa part que la coopération s’illustre au quotidien dans l’accompagnement, en tant qu’organisme consulaire et aux côtés des collectivités, des artisans pour mettre en œuvre les transitions. « Les collectivités ont cette capacité à fédérer un certain nombre d’acteurs et à créer des lieux collectifs », renchérit Eric Provost, vice-président de Saint-Nazaire Agglomération, citant la récente Maison de l’Entreprise de Saint-Nazaire, ainsi que des dispositifs, comme Territoire d’Industrie, qui regroupe des entreprises engagées dans la transition énergétique. Et pour le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nantes St-Nazaire Yann Trichard, la réussite commune implique l’engagement du plus grand nombre : « il faut accepter de donner un peu de son temps, et d’agir au service de l’intérêt général par la coopération. »

 » Depuis sa création en 2015, l’agence de développement économique a su mettre en mouvement ces belles coopérations entre acteurs institutionnels, acteurs de l’emploi, pôles de compétitivité et entreprises du territoire. Une ambition qu’elle n’aura de cesse de poursuivre dans le cadre des transitions environnementales et sociétales à l’avenir « , a rappelé Nicolas Debon, directeur de Nantes Saint-Nazaire Développement. 


Revivre la soirée en vidéo :

International : Nantes Métropole renforce ses liens avec Hambourg

Mardi 16 avril 2024, Johanna Rolland, Maire de Nantes et Présidente de Nantes Métropole, et Peter Tschentscher, Maire de Hambourg (photo), ont signé ensemble à Hambourg un nouveau partenariat stratégique qui vise à approfondir la coopération sur 7 thématiques ciblées : économie et innovation, santé, enseignement supérieur et recherche, formation professionnelle, industries culturelles et créatives, culture et politique mémorielle.

Capitales vertes de l’Europe 

Grandes métropoles portuaires, « capitales vertes de l’Europe » dès le début des années 2010, Nantes Métropole et Hambourg partagent de nombreux points communs et ont toutes deux fait du développement durable et de la politique sociale les priorités de leur action politique. Ce nouveau partenariat s’inscrit dans une longue histoire d’amitié franco-allemande engagée dès les années 2000 et formalisée en 2017 par la signature d’un premier cadre de coopération. 

Coopérer dans la décarbonation du transport maritime et les énergies renouvelables 

Le partenariat stratégie qui vient d’être signé va permettre aux deux métropoles de favoriser la coopération dans les domaines du transport maritime et des énergies renouvelables. 

« Ce partenariat stratégique entre Nantes Métropole et Hambourg, seconde ville et premier port d’Allemagne, est l’occasion de donner aux acteurs de nos métropoles un cadre d’échange et de travail commun encore plus solide sur des enjeux partagés, tels que le transport maritime, les énergies marines, le développement de quartiers de la santé ou la formation professionnelle dans le secteur de la construction durable », souligne Johanna Rolland, Maire de Nantes et Présidente de Nantes Métropole.

Toutes deux villes portuaires, Nantes et Hambourg ambitionnent de décarboner leurs transports maritimes. Cette volonté se traduit à Hambourg par le DLR – Institut des systèmes des énergies maritimes, qui étudie et développe des solutions innovantes pour la défossilisation, la réduction des émissions et l’utilisation accrue des énergies renouvelables dans le secteur maritime. A Nantes, le MEET2050 (Maritime Economical and Environmental Transition) fraîchement inauguré rassemble experts et chefs de projet, acteurs académiques et acteurs économiques en vue de stimuler l’innovation dans le domaine de la décarbonation.

Des événements croisés sur le maritime

Le partenariat stratégique entre Nantes Métropole et Hambourg planifie aussi l’organisation d’échanges réguliers entre les acteurs des deux métropoles, ainsi que leur participation croisée à plusieurs évènements : le salon des énergies de la mer Seanergy (Nantes, 26-28 juin 2024); Wind for Goods l’événement international du transport à la voile (Saint-Nazaire, 19-20 juin 2025), le SMM, le salon de référence mondial de l’industrie maritime, du 3 au 6 septembre 2024 sur la thématique commune de la propulsion par le vent.

Collaborations en vue sur les énergies renouvelables

Les deux métropoles comptent renforcer leur coopération en matière d’énergies renouvelables comme l’éolien offshore. Des échanges sont prévus entre le Cluster Erneuerbar Energien Hamburg, France Hydrogène et WEAMEC, qui réunit les acteurs académiques et les entreprises engagés dans le domaine des énergies maritimes renouvelables en Pays de la Loire. Ces échanges permettront d’identifier des pistes de collaboration entre les différents acteurs dans des domaines tels que l’hydrogène et l’infra-portuaire.

Une délégation composée de partenaires économiques

Aux côtés de Johanna Rolland, de nombreux partenaires étaient associés à ce déplacement, tels que Nantes Saint-Nazaire Développement, le port de Nantes Saint Nazaire, le directeur de l’ENSA, les clusters de l’économie maritime, le Pôle Mer Bretagne Atlantique (qui représentera MEET2050), France Hydrogène, Open-C, et WEAMEC (qui représentera CARGO). L’entreprise Johnson Controls, spécialisée dans les machines frigorifiques et pompes à chaleur,acteur montant sur le marché de la décarbonation, se joint à la délégation : sa dernière grosse commande, la plus importante enregistrée à ce jour, est pour la ville de Hambourg.

Mécénat : « Je suis convaincue qu’une entreprise se développera mieux si ses salariés vont bien et si le territoire se porte bien »

Aujourd’hui, alors que le monde change et que ce changement s’accélère, les Français sont unanimes (96%) à attendre des entreprises une responsabilité territoriale, 64% la jugeant même essentielle, d’après un baromètre Harris-ESS France. En Loire-Atlantique, les entreprises sont fortement mobilisées pour apporter un soutien aux associations locales mais ne savent pas toujours comment s’y prendre. C’est pour faciliter cette mise en relation entre entreprises et associations qu’agit la Fondation territoriale 44. 

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le mécénat ?

Le mécénat, c’est un don d’une entreprise à une structure d’intérêt général qui se réalise sans contrepartie directe. Il se distingue du sponsoring, lorsque l’on va acheter de la visibilité sur un bateau par exemple.  Clairement, la démarche n’est pas la même. Le sponsoring est un acte commercial alors que le mécénat est un acte de générosité. 

Par ailleurs, le mécénat permet d’ouvrir le droit à 60% de déduction fiscale des impôts sur les sociétés. Le fait est que seulement 65% des entreprises déclarent leur mécénat à l’administration fiscale(baromètre 2022 de l’admical page 34). Elles peuvent le faire dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires ou 20.000 euros, un plafond qui a récemment été augmenté pour les TPE-PME souvent restreintes par les 0,5%. 

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Quelles sont les différentes formes de mécénat ? 

Il existe 3 formes de mécénat. Premièrement, le mécénat financier, sous forme de chèque ou de virement, à une association d’intérêt général. 

Deuxièmement, le mécénat de compétences, qui est un don de l’entreprise de temps de travail de ses salariés. Ce temps est valorisé financièrement (sur la base du coût de revient du salarié) et ouvre droit à la même déduction fiscale de 60% qui est fonction de cette valeur. Ce n’est donc ni du bénévolat, ni du teambulding. Concrètement cela peut se faire de façon très ponctuelle (one shot/1 fois) régulière (1/2 journée par mois pendant 3-6mois) ou fin de carrière (mise à dispo à mi- temps / temps complet du salarié la dernière année avant de partir à la retraite et d’accompagner cette étape de façon sereine

Troisièmement, le mécénat en nature qui est un don matériel. Cela peut-être le don d’un bien comme un véhicule, un ordinateur, une machine à coudre, le prêt d’une salle, un abonnement, etc. De la même manière ce don est valorisé financièrement et ouvre droit à une réduction fiscale sur cette valeur. 

Et  en réalité, de ces 3 formes de mécénat peuvent se décliner de multiples autres formes en fonction de la relation qui se crée entre l’entreprise et l’association. En effet le mécénat c’est avant tout un partenariat, une relation qui se créé entre 2 structures avec des valeurs et des projets communs qui se construisent ensemble. Ce n’est pas juste un chèque que l’entreprise donne. On peut d’ailleurs soutenir plusieurs associations ou une seule. 

Quelle forme de mécénat est la plus répandue ? 

Historiquement, le mécénat financier se pratique beaucoup plus. Près de 9 entreprises sur 10 pratiquent le mécénat financier (source : Admical).  Souvent c’est un début, puis cela évolue vers le mécénat de compétences qui est aujourd’hui pratiqué par 15% des entreprises seulement, tandis qu’un quart pratiquent le mécénat en nature.  

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Le mécénat est-il réservé aux grandes entreprises ? 

Bien au contraire. Si on se réfère aux chiffres, parmi les entreprises mécènes en France, 96% sont des TPE-PME. En revanche, en valeur, ce sont davantage les grandes entreprises qui donnent. A noter que, c’est du côté des entreprises de taille intermédiaire (entre 250 et 4999 salariés) que l’on observe le plus gros potentiel de développement.  

Il n’y a pas de petit don. Ce qui est important c’est l’engagement pris et la relation de confiance qui se créé. 500€/an ou 1 journée dans l’année peut avoir un impact significatif pour une association locale. 

En quoi le mécénat est-il un moyen pour une entreprise d’avoir un impact sur son territoire ? 

Le mécénat est un engagement avec une structure d’intérêt général qui agit pour réduire les inégalités sur son territoire. On peut parler d’inégalités d’accès au logement, à la santé, à l’emploi, aux moyens de transports. Je suis convaincue qu’une entreprise se développera mieux si ses salariés vont bien et si le territoire se porte bien. C’est une approche systémique. Nous vivons tous sur le même territoire. 

Un client sera toujours plus fidèle à une marque engagée de façon sincère sur son territoire encore plus si le projet soutenu fait écho avec l’activité de l’entreprise. Le mécénat est un réel levier de la politique d’engagement.

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77% salariés d’entreprises qui pratiquent le mécénat de compétences développent un attachement plus prononcé à leur entreprise

Le mécénat peut-il booster sa marque employeur ? 

En effet, depuis la crise sanitaire, la quête de sens des salariés est en explosion. Les jeunes générations vont faire passer l’engagement social ou environnemental fort de l’entreprise avant le salaire. Ils sont déjà 51% à l’heure actuelle. On commence même à voir le mécénat de compétences sur des fiches de postes. Donc c’est un levier pour recruter. C’est très valorisant de pouvoir dire qu’on va mettre ses compétences au service d’une association. C’est également un levier pour fidéliser en développant la fierté d’appartenance à l’entreprise et la satisfaction des salariés : 77% salariés d’entreprises qui pratiquent le mécénat de compétences développent un attachement plus prononcé à leur entreprise (source IFOP 2022)

En Loire-Atlantique, près de 60% des structures qui ne sont pas encore passées à l’action, seraient prêtes à offrir entre 1 et 5 jours de don de temps de leurs salariés pour des associations locales (source étude mécénat de compétences 2023 FT44).

La FT44 est présente depuis 18 mois à Nantes. Un choix qui ne tient pas au hasard… 

En effet, les Pays de la Loire sont la 1ère région de France en termes d’entreprises engagées dans le mécénat (avec un total de 8,94% d’entreprises mécènes déclarées auprès de l’administration), et Nantes est la 1ère ville de France en termes d’engagement RSE des entreprises. Depuis notre arrivée, 200 acteurs du territoire se sont mobilisés à nos côtés pour donner du temps afin d’auditer une association, participer à un atelier de co-développement, dans une commission ou dans un groupe de travail. En termes de mécènes, nous sommes passés de 3 à 18 avec des dons allant de 500€ à 50 000€ chacun.  Cela montre bien combien les acteurs économiques de ce territoire ont envie de (re)créer du lien et d’avoir un impact social et environnemental sur leur territoire en aidant les associations.

Nous allons avoir besoin de chefs d’entreprise, de représentants entre le 17 et 28 juin pour auditionner les associations  » 

Nous venons de lancer un nouvel appel à initiatives qui permettra de soutenir 10 associations locales sur le thème d’agir pour réduire les inégalités sociales, sociétales et environnementales sur la Loire-Atlantique. Nous allons avoir besoin, entre le 17 et 28 juin, de chefs d’entreprise, de représentants, pour contribuer à l’audition des associations en binôme avec un expert du monde associatif. Et le 10 octobre 2024 à 11h, vous aurez le privilège de voir les 10 associations lauréates pitcher afin que vous puissiez choisir vous, avec vos collaborateurs, l’association locale que vous souhaiterez soutenir. Des premiers pas faciles que nous vous proposons.

Pour en savoir plus, contactez Fanny Lepoivre 06 63 23 54 55 fannylepoivre@fondationterritoriale44.org 

Mécénat : « S’ouvrir aux personnes en difficultés a transformé notre entreprise »

« L’inclusion des personnes en difficultés a toujours été dans notre manière de voir les choses », introduit d’emblée Olivier Riom, fondateur de Vivolum. En 20 ans d’existence, l’entreprise estime avoir formé une centaine de personnes éloignées de l’emploi : des personnes sorties de prison ou des sans domicile fixe qui ont été accompagnées dans leur réinsertion, formées à l’aménagement de bureaux et d’espaces de travail par des collaborateurs de Vivolum. 

Vivolum et la rénovation de la Maison Lazare  

En 2020, Vivolum est contactée par l’association Lazare à Nantes pour des travaux de rénovation de 15 appartements destinés à abriter des personnes de manière solidaire des jeunes actifs et d’anciens sans abri. Olivier Riom répond avec enthousiasme au projet, avec un premier apport financier. En parallèle, et pendant plusieurs mois, les compagnons de l’entreprise se mettent à donner de leur temps gracieusement, et embarquent des sans domicile fixe dans le projet qu’ils forment à l’aménagement. « Pour mes collaborateurs, qui sont amenés à aménager des bureaux au quotidien, construire des logements pour abriter des personnes de la rue, leur a permis de donner du sens à leur travail ». A la fin du projet Lazare (photo-ci-dessous), l’entreprise Vivolum propose à ces personnes éloignées de l’emploi de signer un CDI. Depuis, cette expérience a fait des émules, et d’autres associations ont fait appel aux services de Vivolum pour l’aménagement de leurs locaux.
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« Le lien social renforce notre territoire et donne du sens à nos entreprises »

 « En intégrant des personnes éloignées de l’emploi, cela nous a forcés à accepter la fragilité des autres et nous a donc permis d’accepter nos propres fragilités », raconte le chef d’entreprise. « Outre le fait que mes collaborateurs soient très impliqués dans leur travail, et que cela réduit notre turnover, je suis persuadé que ce lien social apporte du dynamisme à l’entreprise, donne du sens à ce que l’on fait. C’est ce lien social qui fait grandir le territoire ».  

« La finalité d’une entreprise ne peut être d’accroître sans fin son chiffre d’affaires, estime le dirigeant. Nous nous sommes fixé un niveau de rentabilité à atteindre pour l’entreprise. Ce que nous réalisons au-delà peut être consacré à des actions de solidarité ». Un collaborateur qui sort de l’entreprise pour aller à la rencontre d’autres personnes va découvrir de nouvelles manières de travailler et « revient dynamisé et plus engagé, plus ouvert et valorisé parce qu’il a pu transmettre ». 

Du mécénat financier pour le bus des Petits Ruisseaux 

Job4mi, association qui aide les migrants à s’intégrer, FACE, l’outil en main, Toit à moi…  Au fil des années, la liste des associations qui ont bénéficié d’un mécénat financier de la part de Vivolum s’est allongée. Aujourd’hui Olivier Riom a décidé d’ouvrir à l’ensemble de ses collaborateurs les décisions quant à la sélection de l’association à soutenir.  Leur nouveau projet, le soutien aux Petits Ruisseaux, une association qui favorise le lien intergénérationnel et la lutte contre la fracture sociale sur la communauté de communes d’Erdre et Gesvres, au nord de Nantes.  « Notre mise en relation s’est faite grâce à la Fondation territoriale 44 qui nous a fléché cette association installée sur notre territoire. Nous allons contribuer pour une durée de 3 ans au financement d’un bus associatif qui ira de commune rurale en commune rurale pour recréer du lien social à travers des activités ludiques, de la sensibilisation, lors de manifestations culturelles, de bals populaires, etc. Ils réaliseront aussi des podcasts pour permettre aux habitants d’échanger entre eux ». 

En savoir plus sur Vivolum

Mécénat : Développer les potentiels, une mission qui en dit long chez Cedreo

A entendre parler Laëtitia Longeard, communication manager et responsable du mécénat, on en oublierait presque que le métier premier de l’entreprise Cedreo est de développer et commercialiser un logiciel d’aide à la conception de maison. Outre le don de 5000 euros à 3 associations (mécénat financier), l’accueil des Bureaux du Cœur dans ses locaux (mécénat en nature), les collaborateurs mettent leurs compétences au service d’une dizaine d’associations sur le territoire de Loire-Atlantique.

Du commercial au français langue étrangère, mettre ses compétences au service des autres

« Nos collaborateurs voulaient de l’action concrète ». En 2023, bien décidées à mettre leurs compétences au service d’associations de Loire-Atlantique, les équipes de Cedreo se mettent en ordre de bataille et partent à la recherche d’associations nantaises à qui apporter leur aide. Une tâche qui s’apparente rapidement à un parcours du combattant. « Nous avons rencontré une dizaine d’associations qui n’étaient souvent pas très au clair sur leurs besoins » se rappelle Laëtitia Longeard. « Et quand on est dans une startup, on a l’habitude que les choses aillent vite, et ce n’est pas toujours la même temporalité pour les associations », reconnaît-elle.

Faire la conversation avec les bénéficiaires de Regarts44

C’est à ce moment-là que l’installation de la Fédération Territoriale 44 (FT44) à Nantes tombe à point nommé. La FT44 sélectionne des associations par son appel à projets et travaille avec elles pour structurer leurs besoins. « J’ai participé au speed meeting des associations, ce qui a permis d’en sélectionner quatre ». « L’association Constellation à Nantes avait besoin d’un audit sur son organisation et nous avons une personne dont c’est le métier chez nous, donc c’est bien tombé », raconte Laëtitia Longeard, responsable de la mission mécénat. De Nantes à Châteaubriant, en passant par l’association Espacea de Pontchâteau pour du coaching commercial, plusieurs salariés se sont spontanément portés volontaires pour mettre leurs compétences au service des associations. « Quatre collaborateurs se tiennent à disposition le mardi sur le temps du déjeuner pour faire la conversation en français à des bénéficiaires de l’association Regarts44 du quartier Bellevue à Nantes », quartier où est installée l’entreprise Cedreo. « Cela permet de recréer un lien avec le travail pour ces personnes souvent éloignées de l’emploi », se réjouit Natacha Lafrechoux, responsable de l’association Regarts44 qui souligne aussi le mécénat financier apporté par Cedreo qui permet de financer des soins esthétiques gratuitement à des personnes.

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« Développer les potentiels », la mission de l’entreprise Cedreo

« Pour nous, prendre du temps sur notre temps de travail pour aider les personnes à développer leur langue, c’est développer du potentiel, donc cela entre complètement dans notre objectif ». Cedreo a modifié ses statuts pour devenir « entreprise à mission » en novembre 2022. Chaque salarié dispose ainsi de 6 jours par an sur son temps de travail pour n’importe quelle action RSE au sein de Cedreo. Le mécénat de compétences en fait partie.

Pour l’année 2024, un questionnaire a été partagé auprès des salariés pour identifier trois grandes thématiques de soutien pour 3 associations du territoire. Parmi les thématiques retenues : la protection des femmes et des enfants (Regarts44), l’aide quotidienne pour les personnes en difficultés (Restos du cœur 44) et le soutien aux enfants handicapés (La Chrysalide de Saint-Nazaire).

« Grâce au soutien de Cedreo, nous nous sentons soutenus par le tissu économique local », Marine Tignon, présidente de l’école La Chrysalide 

Outre une aide financière accordée par l’entreprise à cette école, les salariés de Cedreo formulaient l’envie d’aller plus loin. « Nous avons rencontré l’équipe en début d’année pour identifier toutes les actions que nous pourrions mener avec eux tout au long de l’année », détaille Laëtitia Longeard. La Chrysalide est une école qui accueille des élèves en situation de handicap présentant des troubles d’apprentissage (autisme, déficience intellectuelle) à Saint-Nazaire. Après cet échange, les deux parties se mettent d’accord sur une série d’actions à mener ensemble : « En lien avec les actions que nous avions déjà menés avec MiniBigForest dans le cadre de notre compensation carbone, nous leur avons proposé d’aller visiter une forêt pour comprendre les enjeux de préservation. Une autre action sera de se servir de notre logiciel d’aménagement de la maison comme support d’apprentissage pour découvrir l’univers de la maison », autant d’actions qui sont apparues au fur et à mesure des discussions avec les éducatrices de l’école. « Certains élèves vont pouvoir découvrir l’informatique, les parents sont emballés. Développer une école de ce type n’est pas simple, nous avons peu d’aides. Et grâce à des partenaires comme Cedreo, nous nous sentons vraiment soutenus par le tissu économique local, nous ne sommes plus seuls », se réjouit Marine Tignon, présidente de l’école La Chrysalide.


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« La labellisation BCorp nous a forcés à structurer l’ensemble de nos actions RSE »

« Chez Cedreo, nous sommes convaincus que pour qu’une entreprise se développe bien, il faut qu’elle ait un environnement sain autour d’elle. En tant qu’entreprise, on se doit de participer à ce que notre écosystème aille bien. Et pour la quarantaine de collaborateurs, cela vient nourrir notre mission et apporte du sens à notre travail », souligne la responsable. Cet engagement fort de l’entreprise et de ses salariés envers son environnement local s’est encore renforcé lors de son passage à la labellisation BCorp en 2020. Pour candidater à la labellisation BCorp, l’entreprise Cedreo a dû inscrire des actions en fonction d’objectifs environnementaux ou sociaux, qui sont devenus aujourd’hui ses axes de gouvernance. « Cette labellisation BCorp que nous renouvelons régulièrement est beaucoup plus exigeante que le statut d’entreprise à mission parce que toutes nos actions sont évaluées par BCorp ».

Exemplaire à tout point de vue, l’entreprise Cedreo mène en parallèle toute une série d’autres actions en termes de RSE, de l’accueil des stagiaires des 3e, en passant par le calcul du bilan carbone, les sessions de ramassage de déchets, les campagnes de collecte de matériel informatique, jusqu’aux moments d’échanges de bonnes pratiques RSE avec des entreprises voisines. « A chaque fois, nous nous faisons fort d’utiliser les mêmes méthodes qu’au travail, à savoir se donner des objectifs, les mesurer pour s’améliorer ». A bon entendeur.

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Audiovisuel : le studio 16/9e déploie sa créativité à Nantes

L’agence de production audiovisuelle 16/9e propose des formats variés et innovants à ses clients : agences de publicité, producteurs et annonceurs. Sa spécialité : l’intégration de Motion design 2D/3D et de VFX, c’est-à-dire des effets visuels, dans leurs films publicitaires. « Cela permet à nos clients d’étendre le champ des possibles en termes de création et de leur proposer ainsi du contenu innovant et différenciant », précise Simon Bluteau, fondateur de 16/9e. « Bien que notre activité soit principalement concentrée en région, nous travaillons également avec des clients basés à Paris et dans d’autres régions de France. Notre flexibilité nous permet de répondre aux besoins des clients où qu’ils se trouvent ».

Un terreau créatif fertile à Nantes

« Plusieurs raisons ont guidé notre choix de quitter les Herbiers pour nous installer ici. Tout d’abord, Nantes est un hub important pour l’industrie publicitaire, avec de nombreuses agences regroupées dans le centre-ville. Cette concentration facilite les échanges et les collaborations. De plus, Nantes offre une qualité de vie qui est un atout pour recruter », poursuit Simon. 

L’équipe composée d’un trio créatif — Jules Pigache-Grué, pilote de projets et directeur artistique, François Gillot, artiste 3D/VFX, et Simon Bluteau réalisateur-chef opérateur — collabore avec un vivier de talents dans les domaines de la communication et de la publicité. « Dans notre secteur, nous avons recours principalement à des travailleurs intermittents ou à des travailleurs indépendants. Cela nous permet de constituer une équipe qualifiée et calibrée pour chaque projet. Ici, nous trouvons aisément les compétences dont nous avons besoin ». 

Lauréat de la promo 21 du Réseau Entreprendre 85, Simon Bluteau a bénéficié du soutien de l’agence Nantes Saint-Nazaire Développement. « Ils ont été très réactifs et nous ont fourni de précieux conseils sur l’écosystème créatif nantais, les acteurs clés, les tarifs pratiqués dans le secteur et les opportunités de développement ». 

Du mécénat d’entreprise pour des associations

Chaque année, l’agence 16/9e met en place une action de mécénat pour contribuer à sa manière à une cause qui lui tient à cœur. « Ces initiatives nous offrent l’opportunité de travailler sur des projets qui sortent du cadre habituel, d’explorer de nouvelles idées et de nous engager pleinement dans un projet qui a un impact positif sur la société ». En 2024, l’agence 16/9e a ainsi réalisé un film-manifeste de deux minutes (la vidéo sera prochainement en ligne), dans un style innovant et original, proche de l’animation, pour l’association The SeaCleaners, une organisation internationale basée en Bretagne, qui se consacre au nettoyage des océans, des mers et des rivières à travers le monde.

Transition écologique : R3 apporte son expertise à Nantes

« Nous accompagnons les entreprises pour qu’elles acquièrent une meilleure connaissance de leurs enjeux (Bilan carbone, Diagnostic Énergétique, CSRD, etc.) et pour les aider à rendre leurs équipes autonomes sur ces sujets (formation et outillage digital) », précise Brieuc Charier, directeur Développement Ouest de R3. « Nous sommes à leur côté, de la prise en compte des opportunités règlementaires (dont la directive européenne CSRD – Corporate Sustainability Reporting Directive- qui harmonise le reporting de durabilité des entreprises) jusqu’au financement de leur transition, via des contrats de performance ». La startup a déjà accompagné plus de 950 entreprises dans leurs démarches (Casino, KFC, SNCF, Groupe Eram, Veolia…). En 2023, en partenariat avec Bpifrance et Fashiongreenhub, elle avait notamment réalisé une étude, ainsi qu’une fresque, sur la mode régénératrice et avait témoigné lors de l’événement sur la mode responsable Fashion Green Days à Nantes.

Intégrée dans l’écosystème RSE nantais

Historiquement présente à Nantes depuis fin 2022, à la suite du rachat de la startup Tembo Tool et de la présence des équipes digitales en charge du développement et de la maintenance de l’ensemble des outils du groupe, R3 a ouvert son antenne nantaise début 2024. « Dans le cadre du renforcement du partenariat avec le Crédit Agricole, actionnaire de référence de R3, le besoin d’être au plus proche des différentes caisses régionales s’est fait sentir, notamment le Crédit Agricole Atlantique Vendée », poursuit Brieuc Charier. « R3 a décidé d’installer une présence commerciale plus forte sur Nantes avant l’ouverture de cinq autres bureaux à Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Strasbourg et Bordeaux ». R3 est aujourd’hui pleinement intégrée au sein des Audacieux de Nantes Saint-Nazaire Développement, de l’écosystème entrepreneurial avec Icilundi et ERAM, du Réseau Entreprendre et de réseaux d’entreprises, tels que le club ETI Pays de Loire.

Bientôt 24 collaborateurs à Nantes

La startup R3 compte 130 collaborateurs sur l’ensemble des bureaux français à ce jour, dont une vingtaine dans celui de Nantes, principalement composée des équipes digitales du groupe. « Des équipes expertes sont en cours de recrutement et, d’ici à deux ans, la taille du bureau aura au moins doublé pour suivre les besoins du territoire sur nos domaines d’expertise (RSE, Carbone et Énergies) », prévoit Brieuc Charier. « Notre trajectoire 2026-2027 nous mène aux alentours de 400 collaborateurs en France, avec un ancrage territorial affirmé pour nos sept bureaux. Nantes est le bureau le plus important après Paris, et en première ligne dans nos ambitions de développement »

Une démarche RSE exemplaire en interne 

« Étant experts en conseils RSE pour les entreprises du territoire, nous avons naturellement engagé notre propre démarche au sein de notre organisation », déclare Brieuc Charier. « Dans cette quête de cohérence et d’exemplarité à l’égard de nos clients et collaborateurs, nous avons formé le Comité Colibri chargé de structurer et piloter notre démarche RSE (diagnostic RSE, enquête Qualité de Vie au Travail, matrice de matérialité, bilan carbone et stratégie de décarbonation, politique de télétravail, chartre du droit à la déconnexion, etc.) ».

En savoir plus sur R3