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« Les labels disent comment on agit ; la mission dit au service de quoi »

« Les labels disent comment on agit ; la mission dit au service de quoi »

Fin 2025, la France comptait 2298 sociétés à mission, représentant plus d’un million de salariés, selon l’Observatoire des entreprises à mission. Une dynamique particulièrement forte en région Pays de la Loire, qui compte 160 structures, dont 85 en Loire-Atlantique, un département « pionnier » avec près de 19 000 salariés.

Le rôle des ambassadeurs : du réseau et de la proximité

A l’échelon local, les ambassadeurs portent la voix et les valeurs de la Communauté des entreprises à mission (CEM) nationale. Leur rôle principal consiste à faire connaître et à promouvoir la « qualité d’entreprise à mission » auprès des entreprises locales, notamment à travers l’animation du réseau d’entreprises engagées dans cette dynamique. Concrètement, ils organisent des événements locaux, qui vont des rencontres thématiques à de simples afterworks pour favoriser les échanges entre pairs. Si les contenus de formation, les webinaires thématiques et la mine documentaire sont gérés et mis à disposition par la CEM nationale, le maillon régional est indispensable. « L’ambassadeur régional apporte aussi cette proximité et cette connexion humaine qui ne peut pas passer que par du distanciel », souligne Edward Pallu, manager de la mission chez UMR. Cette proximité permet de faire vivre le réseau et de partager des retours d’expérience concrets, essentiels pour les entreprises qui envisageraient de se lancer.

Rencontre des ambassadeurs de la CEM à Nantes en décembre 2025

Pourquoi et comment devenir entreprise à mission

Les raisons d’adopter la « qualité » d’entreprise à mission sont multiples. Elles peuvent être liées à la volonté d’aller plus loin dans l’affirmation de ses engagements sociaux et environnementaux, ou à la nécessité d’aligner administrateurs et actionnaires sur un même cap. Pour Edward Pallu, « chez UMR, la qualité d’entreprise à mission a permis d’ancrer des valeurs mutualistes fortes dans les statuts, au moment où la mutuelle changeait de statut juridique ».

Toutefois, l’argument le plus fort, partagé par les deux ambassadeurs, réside dans la fonction de la mission en tant qu’outil de pilotage et d’arbitrage, particulièrement en période d’incertitude. « Une fois que l’on est entreprise à mission, cela sert de colonne vertébrale. Toutes les décisions sont facilitées. Les critères de prise de décision, de lancement de projet, de pilotage de l’entreprise sont clairs et partagés, ce qui facilite la prise de décision », explique Ingrid Berthé, co-dirigeante de l’agence de communication B Side. En clair, l’entreprise à mission oblige l’entreprise à maintenir le double objectif de développement économique et d’utilité sociale ou environnementale, dans toutes ses décisions. Ce cadre empêche de revenir à la seule logique du profit lors des arbitrages difficiles.

Fédérer les salariés autour d’un projet commun

En plus de la cohérence stratégique, le statut d’entreprise à mission est un levier majeur en termes de ressources humaines, dans le sens où elle permet de fédérer les salariés autour d’un enjeu commun. Les effets se font aussi sentir en interne : motivation, attractivité et engagement des équipes avec « 93 % de nos collaborateurs qui disent être plus fiers et motivés depuis que nous sommes entreprise à mission ».

Différencier le pourquoi du comment

Labels RSE, B Corp, statuts ESS… tous jouent un rôle. Mais pour Ingrid Berthé, la mission ajoute un élément fondamental : « Les labels disent comment on agit ; la mission dit au service de quoi. » Pour certaines entreprises « impact native », la qualité d’entreprise à mission sert à « structurer la démarche » et à mettre en place des indicateurs de pilotage clairs.

 La qualité d’entreprise à mission conduit et guide les choix de l’entreprise

Si devenir « entreprise à mission » impose de changer les statuts de l’entreprise, il s’agit avant tout de transformer le modèle économique et la grille de décision.

Pour B Side, l’impact a été immédiat : la mission a transformé le cœur de métier, le portefeuille clients et le type de projets accompagnés. «Notre premier acte a été de redéfinir une grille d’analyse des projets. Cela nous a conduits à renoncer à certains dossiers, notamment quand on nous poussait vers du greenwashing. On s’y refuse alors totalement et on en profite pour faire de la pédagogie », souligne Ingrid Berthé.

Chez UMR, l’engagement s’est traduit par des décisions d’investissement majeures. « Nous déployons actuellement un projet d’investissement de 350 millions d’euros pour accompagner la longévité et contribuer au mieux vivre demain. Une idée qui a été notamment initiée par les membres du comité de mission », confie Edward Pallu.