5 entreprises qui innovent dans les EMR à Nantes Saint-Nazaire
Farwind développe des solutions véliques innovantes
Spin-off de Centrale de Nantes, Farwind développe des solutions de propulsion vélique innovantes destinées à accélérer la décarbonation du transport maritime. L’entreprise conçoit et fabrique des voiles rotor de type rotor Flettner : des cylindres verticaux en rotation autour de leur axe qui convertissent l’énergie du vent en force propulsive grâce à l’effet Magnus. Ces systèmes permettent de réduire significativement la consommation de carburant et les émissions de CO₂ des navires marchands.
La propulsion vélique constitue la colonne vertébrale de Farwind, avec une ambition industrielle forte dans la conception, la fabrication et le déploiement de rotors de très grande puissance pour équiper des navires existants ou neufs. Cette technologie répond à un besoin immédiat du secteur maritime de réduire son empreinte carbone grâce à des solutions matures, compatibles avec les opérations commerciales.
Dans ce contexte, Farwind Energy développe le concept de navire-énergie, reposant sur la même logique de propulsion par le vent. Ces navires, seront équipés d’hydroliennes capables de convertir l’énergie cinétique du déplacement en électricité. L’énergie produite est ainsi stockée à bord dans des batteries ou convertie en molécules énergétiques telles que l’hydrogène (par électrolyse de l’eau), puis transformée en méthanol ou en ammoniac par combinaison avec du dioxyde de carbone ou de l’azote.
Farwind emploie aujourd’hui une vingtaine de personnes à Nantes et s’inscrit dans une dynamique industrielle visant à faire du vent un levier majeur de transition énergétique pour le transport maritime et la production d’énergie décarbonée en mer.

Greenov réduit l’impact des activités maritimes sur l’environnement
Créée en 2021 par Damien Demoor, Greenov est une « société à mission » qui a été incubée à Centrale Nantes, et qui développe des solutions innovantes pour réduire l’impact des activités maritimes sur l’environnement. Son cœur d’innovation porte sur la lutte contre la pollution sonore sous-marine, un enjeu croissant lié à l’essor des travaux portuaires et des parcs éoliens offshore qui génèrent des impacts sur la faune aquatique. En 2025, Greenov a d’ailleurs décidé de créer une filiale nommée Sealence qui est dédiée à ses activités sur la réduction du bruit sous-marin.

Son innovation ? Greenov propose une alternative au rideau de bulles traditionnel, aujourd’hui utilisé mais coûteux, énergivore et parfois peu efficace en haute mer (effet du courant et de la houle sur la dispersion des bulles). Sealence a conçu le SubSea Quieter, un dispositif breveté qui repose sur des panneaux de membrane qui peuvent être remplis avec une fine couche d’air, qui forme une barrière physique contre les ondes sonores. Ce système, modulable (en format rideau ou « chaussette » autour des pieux), est cinq fois moins cher et consomme 99 % d’air en moins que les rideaux de bulles, tout en améliorant significativement l’atténuation du bruit.
Déjà primée et soutenue par le programme européen EIC Accelerator à hauteur de 2,5 M€, Sealence a eu l’opportunité de tester un premier prototype en 2024 à Saint-Nazaire. La prochaine étape est de déployer son système en conditions réelles lors de travaux de fondations en conditions offshore. Son innovation, soutenue par des industriels, pourrait devenir un standard pour concilier développement des infrastructures maritimes et préservation des écosystèmes.

Alka Marine exploite des bateaux sur mesure pour l’approvisionnement des parcs éoliens
Créée en 2020, Alka Marine est un armateur français dans le support aux énergies marines. Implantée à Saint-Nazaire (Montoir-de-Bretagne) depuis la mise en service du 1er parc éolien français, l’entreprise est également présente à Versailles. Elle opère une flotte de cinq navires sous pavillon français pour répondre aux besoins des parcs éoliens offshore : l’Alma Kappa, remorqueur-releveur d’ancre ; l’Alka Bullshark et l’Alka Bullseye, deux navires de transfert de personnel de 12 personnes ; l’Alka Largo, dédié au transport de passagers avec une capacité de 21 personnes ; et le Coastal Aurora, un multicat de 27 mètres. Alka Marine opère aujourd’hui un navire pour le 2e parc éolien français au large de l’ile d’Yeu.
Alka Marine compte actuellement une trentaine de collaborateurs et propose également des solutions intégrées pour des problématiques complexes et développe une activité de services maritimes à l’international, notamment en Afrique de l’Ouest.

AVS Pipefit collabore avec les Chantiers de l’Atlantique pour une industrie maritime décarbonée
Implantée à Saint-Nazaire depuis près de trois ans, AVS PipeFit est une entreprise lituanienne de construction et de réparation navale qui propose des solutions clés en main. La société est spécialisée dans la fabrication et l’installation de systèmes de tuyauterie et de structures en acier pour le secteur naval, avec une solide expérience dans les domaines de la défense, des navires de croisière et des projets GNL.
À Saint-Nazaire, AVS PipeFit mobilise jusqu’à 100 spécialistes sur site, dont des tuyauteurs, soudeurs, ingénieurs et autres professionnels hautement qualifiés dans de multiples disciplines. L’entreprise applique des standards élevés en matière de durabilité. Ses ateliers de préfabrication sont de plus en plus alimentés par des sources d’énergie renouvelable, tandis que des investissements continus dans des technologies avancées à faibles émissions permettent de réduire l’empreinte carbone, traduisant un engagement fort en faveur de la limitation de l’impact environnemental.
À la pointe de la transition maritime, AVS PipeFit contribue à plusieurs programmes majeurs en matière de durabilité. Avec près de 600 employés en Europe et un chiffre d’affaires de 49 millions d’euros en 2025 (+33 % sur un an), AVS PipeFit joue un rôle actif dans des projets de construction navale d’envergure aux Chantiers de l’Atlantique. L’entreprise participe à la construction du MSC World Asia, l’un des paquebots les plus avancés au monde fonctionnant au GNL, ainsi que de l’Orient Express Corinthian, destiné à devenir le plus grand voilier jamais construit et une référence en matière de propulsion vélique à grande échelle. Elle contribue également au superyacht Luminara, illustrant l’évolution des standards énergétiques dans le secteur maritime.

D-Ice Engineering
La deep tech D-Ice Engineering, créée à Nantes en 2015 par Sofien Kerkeni, ancien de Sirehna, cible particulièrement les navires qui font des travaux complexes en mer ou qui ont des objectifs importants de réduction de leur consommation. C’est le cas, notamment, de l’éolien offshore et de la propulsion vélique. La deeptech D-Ice développe un outil pour aider les navires à optimiser leur trajectoire en mer, via un système de routage. Avec aujourd’hui 46 salariés, la société travaille notamment avec les armateurs en avance de phase qui se lancent dans le fret maritime à voile. La start-up vise une levée de fonds de 15 à 20 millions d’euros courant 2027, et espère bientôt atteindre la rentabilité.
