"Nantes Saint-Nazaire reste aujourd’hui, au cœur d’une région, fer de lance de l’éolien offshore en France"
Après avoir accueilli le 1er parc éolien offshore français, Nantes Saint-Nazaire confirme son rôle de leadership sur le secteur des EMR. En quoi cet écosystème est-il unique en Europe ?
Le Parc éolien en mer de Saint-Nazaire, 1er en France, reste une très belle vitrine pour le territoire en France, mais aussi à l’international. C’est le résultat d’un travail mené pendant plus d’une décennie qui ne tient pas au hasard, mais qui est le fruit d’une combinaison d’atouts présents à Nantes Saint-Nazaire : les Chantiers de l’Atlantique, l’installation de GE – seule usine de turbines sur l’Europe de l’Ouest-, la stratégie de Nantes Saint-Nazaire Port, spécialisé dans la manutention lourde et la présence d’une supply chain locale en capacité de répondre aux besoins industriels de production, de logistique et de maintenance des parcs éoliens en mer.
Le territoire a toujours été précurseur de la filière de l’éolien en mer, grâce à un savoir-faire reconnu sur le maritime, puis avec les éoliennes testées au Carnet, la première éolienne flottante Floatgen faite en partenariat avec Centrale Nantes et les acteurs du territoire et testée sur SEM-REV. En matière de concentration des équipements, la région est assez unique et peu de territoires en Europe peuvent rivaliser avec cette combinaison d’éléments présents à Nantes Saint-Nazaire.
Nantes Saint-Nazaire reste aujourd’hui au cœur d’une région, fer de lance de l’éolien offshore en France. Nous bénéficions de tout un écosystème à la pointe de l’innovation, avec une concentration d’acteurs qui va de la recherche avec Nantes Université, l’accompagnement de projets innovants par le Pôle Mer Bretagne Atlantique aux essais et prototypages avec le site du SEM-REV opéré par la fondation Open C ou encore les bassins de Centrale Nantes, et enfin à l’industrialisation à travers le réseau Neopolia en bout de chaine qui se positionne sur la phase industrialisation et commercialisation.

Le cluster Neopolia structure et anime ce réseau industriel. Quel rôle joue-t-il dans le contexte actuel ?
Dans les énergies marines renouvelables (EMR), les marchés sont très longs, avec des appels d’offres qui durent plus de 10 ans. Le rôle de Neopolia est d’accompagner les entreprises sur le marché dans les phases amont du projet en créant des conditions favorables à l’intégration des TPE/PME/ETI dans le schéma industriel des porteurs de projet.
Le rôle de Neopolia va être de capitaliser sur la force du collectif pour aller chercher des marchés vers lesquels une TPE ou une PME ne pourrait aller seule. Neopolia va aider les entreprises à gagner en visibilité et être le point d’entrée pour structurer des offres multi-expertises et répondre aux appels d’offres.
Sur nos 200 membres de Neopolia implantés en Pays de la Loire, plus de 70 entreprises interviennent dans l’éolien offshore et les EMR, une grande partie d’entre elles sont présentes sur le territoire de Nantes Saint-Nazaire. Cela passe également par l’organisation d’événements où les membres vont pouvoir discuter avec des acheteurs et donneurs d’ordre dans la filière.
Enfin, nous avons un rôle de lobbying positif qui consiste à faire valoir le savoir-faire local auprès de l’État et de toutes les institutions pour la préservation de l’emploi, des compétences et de l’innovation. Un travail que nous menons avec d’autres territoires dans le cadre de l’alliance des clusters France Offshore Renewables.

L’événement Seanergy se déroule les 19 et 20 mai à Nantes. En quoi cet événement est-il important pour les acteurs de la filière ?
Seanergy, c’est vraiment le rendez-vous incontournable des EMR aujourd’hui en France. Nous avons la chance de l’accueillir à nouveau sur notre territoire. C’est entre 3 500 et 4 000 participants, 200 exposants et 30 % d’internationaux, dont des grands groupes étrangers ce qui est un signe fort. C’est une visibilité internationale pour nos entreprises et pour notre territoire avec de belles opportunités de faire connaître ses projets, présenter les capacités d’accueil sur les territoires. A Nantes Saint-Nazaire, la dernière édition avait été l’occasion de faire des visites du parc éolien de Saint-Nazaire et les sites et plateformes d’essai du territoire, dont les bassins d’essais de génie océanique de Centrale Nantes.
Le rôle de Neopolia est d’accompagner nos entreprises membres, en leur donnant de la visibilité sur cet événement. Un événement qui présente l’avantage d’aborder les EMR dans un sens large. Notamment, au regard de la récente PPE 3*, dans laquelle sont intégrés les nouveaux projets hydroliens.
Comment se positionne le territoire sur l’éolien flottant ?
En effet, compte tenu des profondeurs marines, si on ne fait pas d’éolien flottant, on va rapidement se retrouver face au mur. Notre territoire est très bien équipé pour développer cette technologie. A commencer par la plateforme SEM-REV qui est l’un des premiers laboratoires d’expérimentation de flottants en France et même en Europe. Cet équipement géré par la Fondation Open-C qui encourage les entreprises innovantes à accueillir des nouvelles technologies sur leur site. C’est le cas avec Floatgen et bientôt Eolink en 2027, deux démonstrateurs flottants sur le même site, ce qui n’est pas rien.
Un autre atout est Nantes Saint-Nazaire Port qui se développe pour accueillir tous ces projets flottants, à travers le projet Eole, dans le contexte du grand plan de décarbonation du territoire de Nantes Saint-Nazaire. Accueillir les éoliennes flottantes, c’est un enjeu-clé pour un port qui dépend à 70% des énergies fossiles aujourd’hui.
Nous avons aussi tout un foisonnement d’entreprises aptes à répondre aux enjeux de l’éolien flottant tant sur le plan de l’ingénierie, de la fabrication d’équipements que de la maintenance.
Ce qui compte aussi beaucoup pour les entreprises, c’est de savoir qu’ici, elles sont soutenues par un écosystème institutionnel dynamique avec Nantes-Saint-Nazaire Développement, la CCI Nantes St-Nazaire, Neopolia, la Région des Pays de la Loire et le Pôle Mer Bretagne Atlantique.
Si on ne fait pas d’éolien flottant, on va rapidement se retrouver face au mur. Notre territoire est très bien équipé pour développer cette technologie.

Compte tenu du trou d’air dans l’éolien offshore jusqu’à 2030 avec l’absence de nouveaux parcs en France, comment les membres de Neopolia feront-ils pour passer cette période, en France et en Europe ?
En effet, pendant les 3-4 années à venir, Neopolia va devoir montrer qu’elle a toute sa place. Nous allons devoir œuvrer pour que les entreprises ne se séparent pas de leurs talents et conservent leurs savoir-faire. Un axe de travail consiste à accroître la diversification pour aller sur les marchés européens, en les mettant en relation avec les clusters européens comme nous le ferons avec l’accueil d’une délégation danoise lors de l’événement Seanergy par exemple. Neopolia, dans le cadre de France Offshore Renewables, vient aussi de signer un MoU avec les Norvégiens, pour pouvoir partager nos bonnes pratiques sur l’éolien flottant. Nous travaillons à uniformiser les bonnes pratiques avec plusieurs pays européens, c’est le cas avec la Belgique, l’Espagne et la Grèce notamment.
Ce sera également l’occasion pour Neopolia de continuer le travail de structuration des offres industrielles du territoire et leur communication très en amont auprès des porteurs de projets afin d’intégrer les capacités locales aux schémas industriels de demain. Tout ceci va permettre de se maintenir en condition parce qu’à partir de 2030, de nouveaux parcs devraient rentrer en phase de construction.
Concernant le contexte de l’éolien offshore à l’échelle internationale, quelles sont les dynamiques et comment la France et le territoire se positionnent dessus ?
Le marché de l’éolien offshore est en croissance de 12 à 14% par an à l’échelle mondiale. Il est certes très fortement porté par l’Europe du Nord et la Chine. Si la France est assez nouvelle sur ce marché, elle reste l’un des pays les plus dynamiques en Europe en termes d’attribution de nouveaux parcs (seulement 4 pays européens en 2025) et de planification de futurs projets à moyen terme, avec ses 2GW installés en 2026 et un objectif de 18 GW installés en 2037. Neopolia aura un rôle à jouer dans cette ambition pour accompagner le développement en France, mais aussi au sud de l’Europe.
* PPE 3 : Programmation pluriannuelle de l’énergie présentée le 13/02/2026 par le Gouvernement qui présente la politique énergétique de la France pour répondre aux enjeux de consommation et de production d’énergie sur la période 2026-2035.
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