"S’installer à Saint-Nazaire, c’est participer à cette fierté d’une industrie qui bouge, qui se décarbone et apporte des solutions"
Saint-Nazaire est 1ère en Loire-Atlantique au classement des villes où il fait bon vivre*. Comment cette transformation de la ville, menée depuis plusieurs années, contribue-t-elle à renforcer son attractivité ?
Saint-Nazaire traverse une belle période et les Nazairiens sont légitimement fiers. Ce n’est plus la ville âpre, grise, besogneuse que l’on a pu décrire. Désormais, les atouts nazairiens se dévoilent : 20 plages, un front de mer exceptionnel, un parc paysager en plein cœur de ville, des services publics de qualité, des commerces différenciants…
J’ai souvent utilisé l’expression de « ville plaisir » et j’assume de construire cette ville où l’on travaille certes, mais où l’on peut aussi passer du temps, s’évader, flâner, s’amuser. J’ai le plus grand respect pour celles et ceux qui font battre le cœur industriel de la ville. Ils font notre identité. Je veux conjuguer cette force avec la douceur de vivre entre Loire, océan et Brière.
Le tourisme est évidemment un levier important pour permettre cette mutation. Mutation des usages, en permettant de développer les restaurants, les bars, les commerces tout au long de l’année. Mutation des regards aussi, car quand on vient vous voir, vous regardez votre ville autrement et vos perceptions changent.
Désormais Saint-Nazaire est vue comme une ville jardin au bord de l’océan, profondément moderne et résiliente, attractive -osons le mot- et nous allons amplifier cette dimension.

Maire de Saint-Nazaire

Dans quelle mesure les grands projets urbains contribuent-ils à transformer la ville et à améliorer la qualité de vie ?
Assumer l’identité de Saint-Nazaire, une « ville jardin au bord de l’Océan », c’est offrir une qualité de vie à tous ses habitants. C’est ce que nous cherchons à faire dans nos projets urbains. La ville a réservé de grands espaces à la nature et à l’agriculture, via un dispositif de Protection des Espaces Agricoles et Naturels. Nos projets urbains cherchent désormais à aménager des usages, des promenades, des parcs, au plus près des habitants.
C’est ce que nous faisons en révélant les bords de Loire au Petit Maroc avec le nouveau parc Rives d’Estuaire et en réaménageant des quartiers comme La Trébale, avec la création du parc du Toucan, ou encore Moulin du Pé, avec une liaison verte vers le bois d’Avalix.
Pour autant, nous ne souhaitons pas créer des « isolats verts ». Nous prenons le plus grand soin des liaisons piétonnes, vélos et bus, avec le succès exceptionnel de nos bus Helyce, dont les nouveaux modèles sont électriques.

On voit depuis quelques mois de plus en plus de startups s’installer à Saint-Nazaire, notamment dans le domaine industriel, mais pas que…
Saint-Nazaire est née de l’industrie. Je souhaite que cette histoire entre la ville et ses Chantiers, entre la ville et l’aviation, mais plus largement entre Saint-Nazaire et le fait de produire se continue. Produire n’est pas une insulte. Il y a quelques temps un député a voulu me critiquer en déclarant que j’étais un « productiviste ». J’assume. Oui, pour maintenir notre pacte social, je pense qu’il faut produire, sinon d’où viendront les salaires ? Oui, pour réussir la transition écologique, je pense que l’industrie est la solution, sinon d’où viendront les produits et l’énergie ? Oui, pour maintenir la paix, il faut un équilibre et donc un porte-avion que l’on saura construire ici, sinon qui nous respectera ?
Quand, à l’été 2022, la France traversait une période de canicule, les Nazairiens voyaient passer les navires chargés de pales d’éoliennes pour finaliser le premier parc éolien maritime de France. C’est une solution concrète. C’est une fierté.
L’écosystème des start-up industrielles, la French Tech ou encore le Blue Lab et le SPI prolongent cette histoire productive. Ils y puisent une partie de leur racine et la renouvelle. C’est un beau dynamisme et nous avons voulu symboliquement l’installer au cœur de la ville, au Paquebot, à deux pas de la Maison de l’Entreprise.
S’installer à Saint-Nazaire et plus largement sur l’agglomération, c’est participer à cette fierté d’une industrie qui bouge, qui se décarbone et apporte des solutions. C’est faire bénéficier ses salariés d’un cadre de vie exceptionnel. C’est s’appuyer sur les centres de formation, de recherche et de développement que nous avons en local, mais aussi en lien avec Nantes.
Pour réussir la transition écologique, je pense que l’industrie est la solution, sinon d’où viendront les produits et l’énergie ?

La culture et le sport sont des leviers pour attirer des habitants, talents et entreprises. De quelle manière la ville associe-t-elle les entreprises à cette stratégie ?
J’ai parlé du cadre de vie et des aménagements urbains. Mais une ville ne se résume pas à ça. Elle vibre aussi de ses initiatives sportives et culturelles. C’est un tout. Avec nos médiathèques, nos cinémas, le Théâtre, la Maison des Ecrivains Etrangers et des Traducteurs, le VIP, Les Escales, nos œuvres d’art à ciel ouvert un peu partout dans la Ville, nous faisons battre le cœur de la ville au rythme des pensées, des musiques et des représentations du monde. C’est notre conception de la culture et elle va d’ailleurs inspirer une nouvelle trajectoire pour le Grand Café, qui sera désormais dédié à l’expression photographique.
Nous nous caractérisons aussi par nos grands évènements populaires, qui font vivre une façon singulière d’être ensemble comme Les Fééries de Noël, la Grande Tablée, Côté Nature ou Grande Marée. C’est important d’être ouverts, accueillants, loin d’un entre-soi qui, sous couvert d’exigence, est parfois synonyme d’enfermement.
Je retrouve cette ouverture dans le sport, du volley-ball au foot, en passant par la boxe, le basket ou l’athlétisme, Saint-Nazaire est riche de ses multiples pratiques.

Beaucoup d’entreprises soutiennent cette dynamique soit directement auprès des porteurs de projets, soit dans un fonds de dotation Mécènes à Saint-Nazaire, rassemblant les grands donneurs d’ordre du bassin d’emploi. Chacun ici comprend qu’il faut se serrer les coudes et avancer unis.
Comment allez-vous répondre aux tensions sur le logement qui vont aller croissantes dans les prochaines années ?
Notre réussite n’est pas sans difficultés. Le logement en est une. Les transports aussi. Notre volonté, c’est de réussir les défis industriels et écologiques qui sont devant nous, sans perturber nos équilibres. Aujourd’hui, l’engagement historique des différents acteurs politiques de cette ville fait que nous avons près de 30% de logements sociaux, avec un parc bien situé et bien entretenu. Je souhaite que nous maintenions cette solidarité, car autrement cela veut dire que l’on met les emplois d’un côté et les logements de l’autre. A l’heure de la transition écologique et du pouvoir d’achat, ce n’est pas tenable. Je souhaite donc tout faire pour que le logement se débloque à Saint-Nazaire. J’ai proposé la création d’une Foncière locale pour aller plus loin et surtout plus vite. J’ai bon espoir qu’elle voie le jour.
De la même façon pour les transports. Nous avons beaucoup amélioré la fluidité dans la ville et même avec la zone industrialo-portuaire, mais le succès est tel que nous risquons la saturation dans le futur. Il faut donc que l’Etat nous aide à passer de nouveaux caps d’investissement.
Photos ©Christian Robert / Ville de Saint-Nazaire
*Source : Classement Villes et Villages 2026